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Camilla Läckberg, Le gardien de phare

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Ça faisait un bon bout de temps que je n’avais pas lu un bon polar suédois et je me suis fait plaisir avec ce livre. Ça s’est terminé sur une vraie surprise pour moi, la trame se révèle lentement. L’auteur raconte en parallèle ce qui semble être des récits complètement déconnectés, avec des personnages qui ne semblent jamais s’être rencontrés les uns les autres. J’aurais peut-être pu me poser plus de questions en chemin et j’aurais peut-être fait des liens plus vite… mais j’ai aimé me laissé porter au fil des évènements, saisir l’atmosphère des différents lieux, me laisser remplir des émotions des différents personnages.

Ce qui sème le plus de confusion, et rend le plus difficile le démêlage de l’écheveau est, comme dans bien de bons romans du même type, qu’on ne peut toujours se fier au narrateur… ce narrateur qui nous raconte comme des faits véridiques des perceptions d’esprits qui ont perdu le contact avec la réalité, même si certaines actions externes du personnage ont l’air tout à fait rationnelles. Mais lorsqu’on nous parle d’êtres qui ont vécu des situations atroces et qui ont souffert au point que leur raison vacille, à quoi peut-on se fier?

La quatrième de couverture nous présente la situation comme suit:

Annie, terrorisée et les mains en sang, s’enfuit vers le seul endroit où elle se sente en sécurité: la maison de vacances familiale, l’ancienne résidence du gardien de phare, sur l’île de Gråskär.

Quelques jours plus tard, Mats Sverin, qui venait de regagner sa ville natale après des années d’absence, est assassiné dans son appartement à Fjällbacka. Quand la police commence à fouiller dans son passé, elle se heurte à un mur de secrets. Avant de mourir, Mats est allé rendre une visite nocturne à Annie, son amour de jeunesse, sur l’île de Gråskär – appelée par les gens du cru “l’île aux Esprits” car les morts, dit-on, ne la quittent jamais et parlent aux vivants…

Erica, quand à elle, est sur tous les fronts. Tout en s’occupant de ses bébés jumeaux, elle enquête sur la mort de Mats, qu’elle connaissait depuis le lycée, comme Annie. Elle s’efforce aussi de soutenir sa soeur victime d’un accident de voiture aux conséquences dramatiques.

Comme bien des quatrièmes de couverture, c’est écrit pour accrocher l’acheteur éventuel et l’exactitude par apport au livre peut en prendre pour son rhume. Erica n’est pas vraiment sur tous les fronts. Elle est en fait étrangement absente, à part pour se promener partout en soufflant derrière sa poussette double. L’enquête est vraiment menée par son policier de mari Patrik et les autres membres de la police locale, et Patrik se démène vraiment beaucoup en dépit d’être à peine remis d’une crise cardiaque.

Évidemment, les questions-clés sont “Qui a tué Mats?” et “Pourquoi?”. Et l’écheveau est bien emmêlé. Et on a au moins deux grosses fausses pistes bien juteuses…

Et plusieurs thèmes intéressants se pointent en cours de route:

  • Le rôle et le fonctionnement des phares
  • La vie sur une île isolée au 19e siècle
  • La présence de l’esprit des morts et leur relation avec les vivants
  • Les finances municipales et les risques des projets de redéveloppement coûteux
  • La difficulté de travailler avec un patron incompétent
  • La violence conjugale
  • La manipulation par des psychopathes et autres déviants
  • Les activités d’affaire qui cache des trafics illicites
  • Le fonctionnement des refuges pour femmes battues
  • Faire le deuil d’un enfant
  • Faire le deuil d’un bébé mort né

En fait, ce livre est tout sauf ennuyant… Il y a une chose qui est traitée de façon très humoristique et c’est la question du patron incompétent. Le pauvre gars qui n’est pas à sa place n’est pas une mauvaise personne. En fait, on nous montre pourquoi et comment il est apprécié par sa famille. Mais au travail, il fait gaffe par dessus gaffe, une erreur n’attend par l’autre. Les autres thèmes sont traités de façon plus nuancée.

Référence:

Läckberg, Camilla. Le gardien de phare. Collection Babel Noir, Éditions Actes Sud, 2013.

Autre chose:

http://www.gala.fr/l_actu/culture/le_gardien_de_phare_de_camilla_laeckberg_un_polar_terrifiant_293644

http://www.gala.fr/l_actu/culture/le_gardien_de_phare_de_camilla_laeckberg_un_polar_terrifiant_293644

http://www.esperluette-blog.fr/le-gardien-de-phare-camilla-lackberg/

 

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Carl-Johan Vallgren, Les aventures fantastiques d’Hercule Barfuss

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J’aime beaucoup les livres qui offrent des impressions, réflexions, divagation, explore le monde à partir de l’intime, mais des fois j’aime une bonne histoire bien racontée (et oui, bien sûr, l’un n’exclut pas l’autre…). J’ai trouvé cela avec Les aventures fantastiques d’Hercule Barfuss, un mélange de roman historique et fantastique, où on ne sait où le vrai et le fantastique arrête et commence, mais où on est gâté par la complexité des personnages et des situations et les descriptions très imagées. J’ai carrément eu l’impression d’être le chat dont Hercule prend possession de la volonté grâce à ses pouvoirs télépathiques, vaguement agacé de partir en cavale au lieu de se concentrer sur une chasse bien juteuse.

En quatrième de couverture, on nous met en appétit de cette façon:

Hiver 1813. Dans une maison close de Königsberg, deux enfants, Hercule et Henriette, naissent la même nuit. Infirme, nain, sourd et muet, Hercule possède un talent bien singulier, celui de lire dans les pensées. Le destin les sépare brutalement. La vie du garçon devient alors une suite de drames, de persécutions, de meurtres… Malgré les épreuves atroces qu’il doit affronter, Hercule n’aura de cesse de retrouver sa bien-aimée, la douce et belle Henriette. À travers cette histoire d’amour, étrange et émouvante, C.-J. Vallgren livre une peinture à la fois sombre et lumineuse de l’Europe à peine sortie des guerres napoléoniennes, où l’injustice, l’intégrisme religieux et l’obscurantisme font bon ménage.

On a droit à de nombreux retournements et le pauvre Hercule doit être bien coriace en dépit de ses handicaps pour survivre aux épreuves atroces auxquelles il est soumis. Il rencontre beaucoup de gens malintentionnés, de gens dont la peur et des doctrines religieuses strictes guident les actions, des gens d’une méchanceté innée qui prennent plaisir à faire souffrir les autres, mais aussi de bonnes âmes qui partagent leur pain sans exigences aucunes, qui lui donnent un toit et une possibilité de gagner sa vie à Hercule. Dans cette existence en dents de scie, il aura l’opportunité de retrouver et perdre à nouveau Henriette, et des tréfonds d’un désespoir sans nom, il trouvera une raison de vivre qui nul ne peut lui enlevé… dans un revirement quelque peu inattendu. De l’inattendu, il y en a beaucoup dans ce livre.

C’est donc une lecture très divertissante avec un fond de roman historique.

 

Reference:

Vallgren, Carl-Johan. Les aventures fantastiques d’Hercule Barfuss. Éditions Jean-Claude Lattès, 2011.  (Originalement publié en suédois en 2002)

Autres choses:

http://www.lemonde.fr/livres/article/2011/03/17/les-aventures-fantastiques-d-hercule-barfuss-de-carl-johan-vallgren_1494368_3260.html

https://www.theguardian.com/books/2005/apr/23/featuresreviews.guardianreview20

http://www.unchocolatdansmonroman.fr/article-les-aventures-fantastiques-d-hercule-barfuss-carl-johan-vallgren-110133682.html

Jonas Karlsson, La pièce

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Voici ce que dit la quatrième de couverture de ce livre:

La première neige est tombée sur Stockholm et Björn vient d’être muté à l’Administration. Mégalomane sur les bords, Björn a une opinion démesurée de son rôle. Arrogant et psychorigide, il est loin de faire l’unanimité parmi ses collègues. Mais Björn n’est pas là pour fraterniser ou bavarder inutilement, il est là pour travailler et montrer le bon exemple à ceux qui n’ont peut-être pas, comme lui, la bureaucratie dans le sang.

Un jour, il découvre une porte entre l’ascenseur et les toilettes. Elle ouvre sur un bureau inoccupé où règne un ordre parfait. Cette pièce lui procure une sensation singulière de calme et de bien-être, et il commence à s’y réfugier aussi souvent qu’il le peut pour se ressourcer. Mais un malaise grandissant se répand au sein du service. Pourquoi le nouveau venu reste-t-il toujours planté en plein milieu du couloir à fixer le mur?

Non seulement Björn est psychorigide mais il souffre d’un certain détachement de la réalité et vit dans son propre monde. Il a de la difficulté à entrer en relation avec les autres et semble incapable de manifester de l’empathie. Tout cela met une barrière infranchissable entre lui et les autres.

Un changement de poste dans un nouveau service met ces difficultés en évidence. Ce que Björn s’acharne à percevoir comme de l’avancement paraît plus comme une rétrogradation. Son ancien service a passé le “problème” au suivant… Et son nouveau chef semble souvent pris au dépourvu devant le comportement étrange du nouveau venu. Il devra aussi rassurer les autres employés qui s’inquiètent du comportement incompréhensible de leur nouveau collègue.

Lorsque Björn découvre la pièce entre les toilettes et l’ascenseur, il découvre un refuge rempli de calme et d’ordre où il peut échapper au chaos qui l’agresse dans le bureau. Il y retourne de temps en temps pour se ressourcer. Ce qui se passe en réalité est qu’il se tient debout dans le couloir face au mur. Bien sûr, ceci se passe à la vue de ses collègues qui s’effraient de ce comportement. Björn perçoit les efforts répétés de faire cesser ce comportement comme du harcèlement. Il lit constamment les comportements et le langage non-verbal des autres de façon erronée. La détérioration se poursuit, malgré les efforts de son chef pour l’aider et sa suggestion du consulter un psychiatre. Son apparence de rationalité extrême  rend un diagnostique difficile. Björn trouve enfin un refuge plus sûr que La Pièce…

J’ai eu de la difficulté à me concentrer sur ce livre au début. Je trouvais le point de vue de Björn un peu pénible et ça a pris du temps avant d’introduire le point de vue d’autres personnages. Mais dans le dernier tiers j’étais vraiment prise par les enjeux et j’avais hâte de voir jusqu’où l’auteur pousserait l’absurdité de la situation. Du Kafka-viré-à-l’envers… l’environnement lui-même n’est pas en cause, mais une personne tordue le vit de cette façon.

J’ai souvent trouvé qu’on présentait peu le monde du travail contemporain dans la littérature, à part pour certains aspects de professions spécifiques (policiers ou avocats par exemple) mais peu souvent le monde de grandes structures administratives où le travail est morcelé de la façon du travail à la chaîne. Avec La pièce, j’ai été servie.

Référence:

Karlsson, Jonas. La pièce. Actes Sud, 2016. (publié en suédois par Wahlström & Widstrand, Stockholm, 2009)

Autres choses:

https://www.theguardian.com/books/2015/jan/15/the-room-by-jonas-karlsson-review-comedy-or-tragedy (revue basée sur la traduction anglaise)

http://www.onlalu.com/livres/roman-etranger/la-piece-jonas-karlsson-21078

http://www.lopinion.fr/edition/autres/critique-quiriny-piece-qui-n-existait-pas-107105

http://www.thierry-guinhut-litteratures.com/2016/07/fantastique-et-anti-utopie-contre-l-hydre-de-l-etat-aux-pays-scandinaves-jonas-karlsson-la-piece-johanna-sinisalo-avec-joie-et-docil

Continuing Love Affair With Literature From Cold Countries: Sweden, Norway, Denmark, Finland and Iceland

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In 2012, I planned a trip to Stockholm. I had been reading Swedish police procedural and noir for some time and I had a lifelong fascination with Scandinavia, thanks to the Puck novels by “Lisbeth Werner”, a pseudonym for two Danish writers (who wrote novels for girls”).

In order to prepare for the trip, I came up with a reading list (see here). That was quite a lot of fun and very educational. I have continued reading a variety of authors from the region, expanding beyond Sweden.

The current to-be-read pile is quite impressive at this point, and I am hoping to get through some of it in 2017 (while most likely growing the pile in the meantime!).

Here we are in random order:

Aki Ollikainen. La faim blanche. (Finland)

Jonas Karlsson. La pièce. (Sweden)

Audur Ava Ólafsdóttir. L’embellie. (Iceland)

Carl-Johan Vallgren. Les aventures fantastique d’Hercule Barfuss. (Sweden).

Tarjei Vesaas. The Boat in the Evening. (Norway)

Tom Malmquist. À tout moment la vie. (Sweden)

Agneta Pleijel. Fungi. (Sweden)

Guđrún Eva Mínervudóttir. Album. (Iceland)

Tomas Espedal. Marcher (ou l’art de mener une vie déréglée et poétique). (Sweden)

Sara Lövestam. En route vers toi. (Sweden)

Audur Jónsdóttir. Tourner la page. (Iceland)

Eiríkur Örn Norđdahl. Illska. (Iceland)

Kim Leine. Les prophètes du fjord de l’Éternité. (Denmark)

Alexander Söderberg. The Andalucian Friend. (Sweden)

Lars Gustafsson. Bernard Foy’s Third Castling. (Sweden)

Kerstin Thorvall. Le sacrifice d’Hilma. (Sweden)

Anna Jörgensdotter. Discordance. (Sweden)

Per Olov Enquist. Le départ des musiciens. (Sweden)

Per Olov Enquist. Le second. (Sweden)

Per Olov Enquist. L’ange déchu. (Sweden)

Per Olov Enquist. La bibliothèque du capitaine Nemo. (Sweden)

Göran Tunström. La parole du désert. (Sweden)

Göran Tunström. L’oratorio de Noël. (Sweden)

Göran Tunström. Le voleur de bible. (Sweden)

Göran Tunström. De planète en planète. (Sweden)

Jón Kalman Stefánsson. Entre ciel et terre. (Iceland)

Jón Kalman Stefánsson. La tristesse des anges. (Iceland)

Jón Kalman Stefánsson. Le coeur de l’homme. (Iceland)

Jan Guillou. Les ingénieurs du bout du monde. (Sweden)

Kristina Ohlsson. The Disappeared. (Sweden)

Anne B. Ragde. La tour d’arsenic. (Norway)

Insane, you are thinking? Nothing like a list to make that quite obvious, I say. And the authors are still mostly from Sweden, which somewhat surprises me… It was hard to tell without making the list. That is 31 books, some of which are sizable tomes and/or challenging reads.

Please do let me know if you have any other suggestions for the future. I doubt the obsession will ever abate.

Martin Holmén, Clinch

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I read the whole book but I didn’t quite like it although I decided to stick it out and read it until the end. I needed to get about 80% of the way through to start appreciating it. I thought there was too much violence in it, too much spilling of blood and other bodily fluids. However, I did appreciate in the end the aura of cynicism that pervades this book and the main character’s lack of illusions about the goodness of fellow human beings.

The story involves an aging former boxer, Harry Kvist, who is now working as a freelance debt collector in 1932 Stockholm. Life is hard and living conditions precarious. Harry is also a homosexual who likes rough sex. He is suspected of murdering a man he was supposed to collect money from for a car bought from a farmer on credit. He was set up by a rich homosexual married man and the murder victim was a former driver who knew too much.

The book makes Stockholm look like an unpleasant, unsanitary place with heavy smog from coal burning furnaces used to heat houses at the time.

The writing and translation are effective. I found that the start was a bit slow, but that may be intentional to create that feeling of confusion about the hidden truth being the story. I took me a long time to figure out which characters were connected and how.

This is the first volume of a trilogy with the two other books scheduled to come out in 2016 and 2017.

Thanks to Net Galley and the publisher for access to an advanced copy of the English translation. It will come out on June 7, 2016.

 

Reference:

Holmén, Martin. Clinch. Pushkin Vertigo, London, UK, 2016. (originally published in Sweden in 2016)

Other things:

http://www.goodreads.com/author/show/6365004.Martin_Holm_n

Henning Mankell, Sable mouvant: fragments de ma vie

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Dans ce dernier livre d’Henning Mankell, dont l’original a été publié en suédois en 2014, il nous raconte des moments-clés de sa vie et réfléchit sur leur signification. Il réfléchit sur leur signification dans le contexte de son diagnostic de cancer, qui écourtera sûrement sa vie. Il ne s’agit pas ici de nombrilisme ou d’apitoiement sur soi. Non, il s’inquiète même des autres, des conséquences environnementales du stockage des déchets nucléaires, du sort de l’Humanité, dont il est un infime brin de poussière, mais un brin de poussière qui a tenté d’y jouer un rôle significatif tout en jouissant de la vie.

On y découvre le sens qu’il donne aux événements de sa vie, sa philosophie de la vie, sa façon de remettre en perspective ses souffrances personnelles comparées à celles des autres. Il fait preuve de beaucoup d’humilité et a un grand souci d’être un bon citoyen, au sens large du terme.

Dans les méandres des 67 courts chapitres qui composent ce livre, il va de la Suède au Mozambique, en passant par le reste du monde, avec un va-et-vient dans le temps du présent avec des retours vers l’enfance, sans ordre, au gré des pensées et des liens qui se forment entre elles. Il y a peu de découragement face à la maladie et ses mauvaises surprises, pas de rage ou de colère, mais toujours une joie d’être encore en vie et un désir tenace d’entrer en relation avec les autres.

J’ai crû quand j’ai pris ce livre pour le lire, que ça serait un peu macabre, que ça n’était pas un bon livre à ce moment, où j’étais en arrêt de travail à cause de problèmes de santé, mais il a été d’un étonnant réconfort. Si Henning Mankell a pu écrire ce livre tout compte fait plein d’espoir, je peux aussi passer à travers les difficultés que je rencontre. C’est un de ces livres qui font du bien.

Référence:

Mankell, Henning. Sable mouvant: fragments de ma vie. Seuil, Paris, 2015.

David Lagercrantz, Ce qui ne me tue pas (The Girl in the Spider Web – Millenium 4) (EN/FR)

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I thought for a long time that I would not buy this book given its origin and the controversy that surrounds its very creation. However, when it came out and some early readers said that it was a gripping story and a decent continuation of the previous volumes, I could not resist. So, the verdict? It was a fun read and a satisfying return to the universe created by Stieg Larsson in the three volumes that he wrote himself. It featured the main characters: Mikael, Lisbeth, and Erica. It involves the criminal investigation team of Jan Bublanski. It makes suitable references to previous plot lines. It brings back one character that is not exploited in Larsson’s volumes: Lisbeth’s sister, who does feature prominently in Millenium 4 and who we suspect will be back in Millenium 5. The book does end with a hint that there will be a next one. And I will most likely read it as well.

I read the book in the French translation.

Trivia: The author’s sister, Marika, played Cecilia Vanger in the Swedish-made version of the Millenium movies and TV series.

**********

J’ai longtemps pensé que je n’achèterais pas ce livre étant donné son origine et la controverse qui l’entoure. Cependant, quand il est sorti et que certaines revues ont noté que l’histoire était bien intéressante et formait une bonne suite aux volumes précédents, je n’ai finalement pas pu résister… Alors? Qu’en est-il? J’ai pris plaisir à la lecture de ce livre et il offre une suite satisfaisante aux trois volumes écrits par Stieg Larsson. On y retrouve Mikael, Lisbeth et Erica. L’équipe de détectives de Jan Bublanski y est aussi. On s’appuie bien sur les intrigues connues. On y ramène un personne qui n’avait pas été bien exploité avant:  la soeur de Lisbeth, qui tient un rôle très important dans Millénium 4 et qui sera sûrement de retour dans Millénium 5. On nous laisse effectivement entendre qu’il y a aura une suite et je la lirai probablement!

Un petit détail intéressant: La soeur de David Lagercrantz, Marika, jouait le rôle de Cecilia Vanger dans la version suédoise du film et la série télévisée.

Référence:

Lagercrantz, David. Ce qui ne me tue pas. Actes Sud, 2015.

Autres choses:

http://www.theguardian.com/books/2015/aug/27/the-girl-in-the-spiders-web-david-lagercrantz-review-millennium-series-late-stieg-larsson

http://www.franceinter.fr/emission-grand-angle-millenium-la-saga-continue-avec-un-quatrieme-tome

http://www.lemonde.fr/livres/article/2015/08/27/ce-qui-ne-me-tue-pas-le-retour-reussi-de-la-saga-millenium_4737927_3260.html

Per Olov Enquist, Le livre des paraboles (bilingual post! And not just about PO!)

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J’ai attendu avec impatience la publication d’une traduction du dernier livre de Per Olov Enquist. Il est sorti en suite en mars 2013. Pour la traduction française il a fallu attendre à l’automne 2014. J’avais même envoyé un mail à Actes Sud, la maison française qui publie PO, mais il était resté sans réponse… Mais là, ironiquement, ça m’a mis plusieurs mois à trouver le temps de le lire… Pourquoi? Peur d’être déçue? Je n’ai pas aimé le design de la page couverture? Allez donc savoir…

Enfin, là, je l’ai lu! Et quel livre! Avec le rythme haletant habituel de PO, une profusion de points d’exclamation! Et on en redemande! PO écrira-t-il encore, passé 80 ans?

Ce court livre se décline en neuf chapitres, neuf “paraboles”, où PO raconte (ou ne raconte pas, par quoi je veux dire qu’il fait plutôt des allusions obscurs aux faits, plutôt que de raconter de façon claire et non-équivoque) des parties de son histoire personnelle… des souvenirs d’enfance et d’adolescence. Il se pose beaucoup de questions sur ces origines, sur le sens de la vie, sur le sens de l’amour…

En fait, il nous dit avoir écrit un roman d’amour avec ce livre, après ne pas avoir pu le faire plus tôt, car que savait-il de l’amour et que pouvait-il en dire? Il y aussi la question de la loyauté aux êtres disparus, comme cette voisine d’un été, avec qui il fait la première expérience de l’amour physique (lors qu’il avait 15 ans et elle, 51; on remarqua la permutation) et qui lui demande de ne jamais en parler à personne. Peut-il en parler maintenant qu’elle est morte? S’agirait-il alors d’une trahison?

D’après son Cahier de travail il ne l’a rencontrée que trois fois.

La première fois, un dimanche après-midi en juillet 1949, c’est là qu’il emploie la désignation énigmatique “la femme sur le plancher sans noeuds”. La deuxième fois, le 22 août 1958 à Södertälje. La troisième fois, c’est en novembre 1977.

Apparemment, il avait promis de ne jamais en parler, à personne.

Mais tant d’années se sont écoulées, maintenant. Alors quelle importance.

PO nous dit aussi ressentir une plus grande liberté d’exprimer ce qu’il veut, comment il le veut, par le fait même d’être maintenant près de la rive du fleuve… c’est à dire près de la mort, près de la fin, et qu’on lui pardonnera bien de se sentir libre de dire ce qu’il veut.  L’expérience de l’approche de la mort le poursuit:

Soudain, en octobre 2011, hémorragie sévère.

Il regarde le plafond de l’ambulance, était-ce sérieux cette fois? Ce sont les boyaux des Enquist qui frappent finalement, à l’âge de soixante-dix-sept ans. Quelle ironie, lui qui fut tant de fois sur la voie. Deux opérations du coeur. L’estomac, ce trou que ces idiots de soignants ne retrouvaient pas. Jusqu’à maintenant! en octobre 2011!

Et tout ce qu’il n’avait pas eu le temps de faire! Comme l’Elof!

Il se remet de se problème de santé et la vie continue… Mais que faire de cette vie? Peut-il faire autre chose qu’écrire? Dans quelle mesure doit-il continuer à écrire, à offrir un témoignage? (Voir la vidéo sur YouTube)  Et en relation avec ce thème de l’écrivain et la mort, j’ai repensé à ce volume de Margaret Atwood, Negotiating with the Dead, que je n’avais pas vraiment aimé au moment de sa publication, mais qui tout d’un coup me semblait plus pertinent. Atwood says:

The title of this chapter is “Negotiating with the Dead,” and its hypothesis is that not just some, but all writing of the narrative kind, and perhaps all writing, is motivated, deep down, by a fear of and a fascination with mortality – by a desire to make the risky trip to the Underworld, and to bring something or someone back from the dead.

You may find the subject a little peculiar. It is a little peculiar. Writing itself is a little peculiar.

So maybe PO is also fascinated with mortality, his own mortality, after being so close several times to crossing to the other side. He has said somewhere else that recovering from alcoholism has led him to consider the rest of his life as a sort of bonus (my interpretation, not his own words). Maybe also a bonus where he still has some responsibility to give something back.

In the preface to Negotiating with the Dead, Atwood explores this in more detail:

These are the three questions most often posed to writers, both by readers and by themselves: Who are you writing for? Why do you do it? Where does it come from?

While I was writing these pages, I began compiling a list of answers to one of these questions – the question about motive. Some of these answers may appear to you to be more serious than others, but they are all real, and there is nothing to prevent a writer from being propelled by several of them at once, or indeed by all. They are taken from the words of writers themselves – retrieved from such dubious sources as newspaper interviews and autobiographies, but also recorded live from conversations in the backs of bookstores before the dreaded group signing, or between bites in cut-rate hamburger joints and tapas bars and other such writerly haunts, or in the obscure corners of receptions given to honor other, more prominent writers; but also from the words of fictional writers – all written of course by writers – though these are sometimes disguised in works of fiction as painters or composers or other artistic folk. Here then is the list:

To record the world as it is. To set down the past before it is all forgotten. To excavate the past because it has been forgotten. To satisfy my desire for revenge. Because I knew I had to keep writing or else I would die. Because to write is to take risks, and it is only by taking risks that we know we are alive. To produce order out of chaos. To delight and instruct (not often found after the early twentieth century, or not in that form). To please myself. To express myself. To express myself beautifully. To create a perfect work of art.  To reward the virtuous and punish the guilty; or – the Marquis de Sade defense, used by ironists – vice versa. To hold a mirror up to Nature. To hold a mirror up to the reader. To paint a portrait of society and its ills. To express the unexpressed life of the masses. To name the hitherto unnamed. To defend the human spirit, and human integrity and honor. To thumb my nose at Death. To make money so my children could have shoes. To make money so I could sneer at those who formerly sneered at me. To show the bastards. Because to create is human. Because to create is Godlike. Because I hated the idea of having a job. To say a new word. To  make a new thing. To create a national consciousness, or a national conscience. To justify my failures in school. To justify my own view of myself and my life, because I couldn’t be “a writer” unless I actually did some writing. To make myself appear more interesting than I actually was. To attract the love of a beautiful woman. To attract the love of any woman at all. To attract the love of a beautiful man. To rectify the imperfections of my miserable childhood. To thwart my parents. To spin a fascinating tale. To amuse and please the reader. To amuse and please myself. To pass the time, even though it would have passed anyway. Graphomania. Compulsive logorrhea. Because I was driven to it by some force outside my control. Because I was possessed. Because an angel dictated it to me. Because I fell into the embrace of the Muse. Because I got pregnant by the Muse and needed to give birth to a book (an interesting piece of cross-dressing, indulged in by male writers of the seventeenth century). Because I had books instead of children (several twentieth-century women). To serve Art. To serve the Collective Unconscious. To serve History. To justify the ways of God toward man. To act out antisocial behavior for which I would have been punished in real life. To master a craft so I could generate texts (a recent entry). To subvert the establishment. To demonstrate that whatever is, is right. To experiment with new forms of perception. To create a recreational boudoir so the reader could go into it and have fun (translated from a Czech newspaper). Because the story took hold of me and wouldn’t let go (the Ancient Mariner defense). To search for understanding of the reader and myself. To cope with my depression. For my children. To make a name that would survive death. To defend a minority group or oppressed class. To speak for those who cannot speak for themselves. To expose appalling wrongs or atrocities. To record the times throught which I have lived. To bear witness to horrifying events that I have survived. To speak for the dead. To celebrate life in all its complexity. To praise the universe. To allow for the possibility of hope and redemption. To give back something of what has been given to me.

Oomph… That was one long paragraph of sentence fragments.

P.O. Enquist ends his book with an ironic incident: While he attends the funeral of the woman who took his virginity, he gets a parking ticket! A parking ticket! Near the chapel!

While this book makes sense on its own, it probably makes even more sense after reading the previous memoir where PO talks a lot about his father (l’Elof!) and what saved him in the end (writing!).

Alors que PO semble particulièrement affectionner les points d’exclamations, moi c’est les points de suspension et les parenthèses (au cas où vous n’auriez jamais remarqué), quoiqu’il m’arrive souvent de réécrire une phrase pour éliminer les parenthèses (des fois, il y en a vraiment trop que je me perds moi-même dans la hiérarchie des propositions).

References:

Enquist, Per Olov. Le livre des paraboles. Actes Sud, 2014.

Enquist, Per Olov. Une autre vie. Actes Sud, 2010.

Atwood, Margaret. Negotiating with the Dead: A Writer on Writing. Cambridge University Press, Cambridge, UK, 2002.

Other things:

http://www.culturopoing.com/livres/per-olov-enquist-le-livre-des-paraboles/20140906

http://fathicharguiunblogfr.unblog.fr/2014/10/19/le-livre-des-paraboles-de-per-olov-enquist/

http://pierreahnne.eklablog.fr/le-livre-des-paraboles-un-roman-d-amour-per-olov-enquist-traduit-du-su-a114670282

Friday Night Ramblings: Can’t go to the gym so I might as well write something

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I had minor surgery on Wednesday and I have to take it easy for a couple of days, so the usually Friday night at the gym is out. So let me tell you about what I’ve currently got in process and what I’m thinking of reading next (mind you keep in mind that I am easily distracted by new ideas and what is to be read next keeps changing quite rapidly but I still like thinking about it).

I made a commitment to myself to read some Dickens this year. I had taken a stab at book such as Hard Times and A Tale of Two Cities when I was younger and my English was not so good, and I found I had little patience to wade through the dialogues. In general, my knowledge of English is quite good now and my tolerance for dialogue written in the vernacular has certainly gone up. So I am about one-fifth into Great Expectations and I am quite enjoying it. I am looking forward to the way in which Pip is going to evolve as he grows up. At the point where I am in the book, he is living with his sister and her husband who took him in as he was an orphan. He was invited to “play” at the home of an eccentric woman, Miss Havisham, and I wonder where this is going. There are all sorts of ways in which this could turn really weird…

In parallel, I am reading the third and latest novel by Ildefonso Falcones, La reina descalza, published in 2013. Falcones made his name with is first book, La cathedral del mar (The Cathedral of the Sea), which was quite a bestseller in Spain when it came out in 2006. I had picked up that book while browsing in a bookstore in Madrid on the tail end of a business trip. Falcones is a Barcelona-based lawyer with four children who writes big, thick historical novels in his spare time. La reina descalza focuses on the lives of gypsies in 18th century Spain. One of the main characters, Caridad, is a freed African slave that somehow came from Cuba to Sevilla and comes under the protection of an old gypsy man. The storytelling is quite smooth and this is an easy, fun read, not too challenging, although I do need to resort to the dictionary once in a while.

I have another stack of books I have been reading and put aside and I am just waiting for inspiration to get back into them. And then there are the stack of books on the living room window sill.

  • Mort-terrain by Biz: Biz is the rap singer who leads the band Loco Locass, who are quite well-known in Québec. The story is set in a mining town. Of course, I definitely have to read that.
  • Sous l’arche du temps by Hélène Dorion : this is a series of essays and interviews with my favorite Québec poet. I read it in small chunks. I am also reading through the large volume of her collected works from 1983 to 2000 and I have never written about that. Her poetry is just gut-wrenching.
  • Un été avec Montaigne d’Antoine Compagnon: I love Antoine Compagnon, the no-nonsense literature professor from the Collège de France. His inaugural lecture at the Collège de France was about why we should read… Un été avec Montaigne is a series of commentary about Montaigne’s Essays that were originally written for a summer radio series for France Inter. I am not sure I would have the patience to read Montaigne but which such an introduction to his work, who knows?
  • Le départ des musiciens by P.O. Enquist: I have to get into the next one, don’t I?
  • I still have some Giller Prize-related reading to do: The 2013 Giller Prize winner, Hell Going, by Lynn Coady, and well as the Dan Vyleta novel who was on the short list. Officially, I bought them as a present for my husband, so he gets to read them first. So he read the Coady and he quite liked it although, like me, he is not much of a short story reader. He preferred her novel The Antagonist, and I seem to remember it was about hockey, which would be timely given we are in the Stanley Cup playoffs.
  • I also have a volume of the complete tales and poems of Edgar Allan Poe sitting on my desk. It is an old musty-smelling book. It has an inscription on the first page, “To Alex, Best Wishes, from Tsia, Xmas 1944”. From one of my husband’s aunts to her sister… Both dead now, but I was lucky enough to know them in their last years. They never married, remained independent, lived together their whole lives, loved travelling, and of course, loved reading.

Per Olov Enquist, Hess

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What a struggle it has been to finish this book. I have to admit that I cheated a little. I could not conceive of just dropping the book fawgedaboudit, so I read some of the final parts by reading the first sentence of paragraphs to get a sense of where it was going, and when the first sentence grabbed by attention, I did read on a little. I tried to flip back and forth to make links between different sections of the book… Anything to try to make it make sense… From the title, some of the content and some information found on the web, it seemed to be obvious that the book was about Rudolf Hess. It is not at all obvious in a lot of the content.

Some of the confusion has to do with the changes in viewpoint; one is a narrator who is a researcher also commenting on his own work, some might be text coming supposedly written by Hess, biographical or fictional, maybe, sometimes… This novel has been described as experimental… if we mean by experimental that it does not followed an expected “flight path” through a rationally developed plot with a recognizable beginning, end and understandable plot twists…

Enquist uses a method that I have seen in other novels by him that I have read which I call the pseudo-documentary method. A narrator claims to take some of information from some existing documentation, is doing research to find such documentation or is trying to validate its content. So the book has at least two basic subplots, one being the “main” story and the other being the story of the “historian” as you might want to call the narrator. In Hess, I sometimes got confused between the two, as the text is quite “chunky” and the chunks are not always clearly attributable to a specific subplot. And that is for the main body of the novel. The novel proper is followed by a second “document” of over 30 pages called “Sommaire”, in a much smaller font, who is much more “Commentaire” than “Sommaire” and either reflects on the content of the main part of the book or seems to include notes about how the text should be further edited. For example:

Chap. 6. Nous ne discuterons pas cette partie ici.

Chap. 15. Hors du sujet, supprimer ou développer.

Be that as it may, I would rather put myself through this kind of experience than to read another Harlequin romance novel.

To return to the content of the book, the narrator states his purpose at the beginning of the book, in section 3 of Part I: “… cet essai sur la vie de Hess, sa jeunesse, sa vie d’homme et sa production littéraire pendant sa période d’emprisonnement, cet essai se propose avant tout de donner une image nette des trois gros romans dont il a laissé les manuscrits. Tout le reste est parenthèses… » However, the boundaries between the parentheses and the rest look rather blurred to me. Note to self: Read this book again some day.

I was reading the 1971 French translation by Marc de Gouvenain, reprinted in the Oeuvres Romanesques, volume 1 in the Thesaurus collection at Actes Sud.

For an excerpt in English:

http://www.swedishbookreview.com/article-2004-s-smith.asp