Author Archives: Sylvie Marie Héroux

Lisa Scottoline, One Perfect Lie

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I have not been reading tons of bestsellers in the past few years… and lately I was looking for some easy-going reading, suspenseful, if not totally realistic. This book delivered on that count, grabbing my attention from the get go and the ending did keep something of a surprise until at least the last 20 pages.

When we first meet Chris Brennan, he is looking for a teaching job in a small Pennsylvania town. We know right from the start that he is hiding something and I presumed from the hints that the author dropped that he was a Bad Guy. No, wait… a REALLY BAD GUY. I expected him to be a sociopath, using vulnerable teenagers to meet some unspeakable needs and that he intended to gain the confidence of some of the boys he was coaching on the basketball team to execute some very evil, very gory plot. However, what I did not get was why there was a great sense of hurry, why he had to get done quickly, why there was some kind of deadline to be met.

When I realized who he really was and what he was really up to, I realized how misled I had been right from the beginning and could start of concentrate on the real mystery, which Chris was also trying to resolve.

Things do wrap up quite neatly at the end, maybe a little too neatly, like a nice, positive fairy tale, but it was a good read for a nice, quiet long weekend at home.

Beyond the entertaining story that this book tells, it raises questions about the importance of trust, honesty and authenticity in creating viable relationships. Can relationships work where there is a lack of trust? Is there such a thing as lying (or omitting to tell the truth) in order to protect someone? Is it justifiable to lie or to use people unwittingly in order to gain information or further one’s goals for the greater good? What can lack of authenticity lead to in relationships? Or psychologically for the person whose occupation constantly requires them to pretend to be someone or something they are not? These are not questions that have an easy answer. The book raises them but does not necessarily provide answers as they are attached to the specific situations that the characters find themselves in. However, they may occur in our lives as well and we may be able to find parallels. These might be interesting questions to debate in a book club.

Thanks to the publisher for making this book available for review through NetGalley. The book was published on April 11, 2017.

Reference:

Scottoline, Lisa. One Perfect Lie. St. Martin’s Press, 2017.

Book club discussion questions provided by the author:

https://scottoline.com/book-clubs/book-club-one-perfect-lie/

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Simon Roy, Ma vie rouge Kubrick

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Mais quel étrange petit livre, gagnant du Pris des libraires du Québec de 2015. Il témoigne de la fascination de l’auteur pour le film The Shining de Stanley Kubrick (avec Jack Nicholson) qu’il dit avoir vu au moins quarante-deux fois (Pourquoi 42? La référence à Douglas Adams frappe de nouveau). Il fait le lien entre des tragédies qui ont frappées sa famille et ce film.

Ce récit, dans lequel le narrateur, Simon Roy, nous parle au “je”, se veut autobiographique. On y passe du film à la chronologie familiale, de l’analyse à la divagation. On y trouve un chapitre consistant en un répétition du même paragraphe.

Finalement, ce qu’on y voit, c’est qu’un film d’horreur soigneusement tourné peut receler de pistes de réflexion sur la famille, l’amour, les relations humaines, les effets de la solitude, les impacts familiaux de la maladie mentale, l’étude de la littérature, des symboles, de l’histoire et de la philosophie.

On peut prendre plaisir à se laisser porter par la narration, les liens que nous propose l’auteur, les coq-à-l’âne saugrenus, etc. On peut aussi se demander si Simon Roy Auteur = Simon Roy Narrateur, et quelle est la part de vérité dans ce récit. Ou peut-être qu’on s’en fout et que c’est un pur plaisir.

Référence:

Roy, Simon. Ma vie rouge Kubrick. Éditions du Boréal, Montréal, 2014.

Autres choses:

http://www.atlantico.fr/decryptage/mais-pourquoi-univers-tech-et-geek-est-obsede-chiffre-42-xavier-niel-ecole-douglas-adams-h2g2-david-peyron-benjamin-bayart-1810293.html

http://plus.lapresse.ca/screens/63f2d26d-9a3b-4438-8fb9-678632bb5657%7C_0.html

http://www.ledevoir.com/culture/cinema/419505/le-labyrinthe-de-simon-roy

For the English translation:

Review: Kubrick Red a memoir with parallels to The Shining

Geneviève Pettersen, La déesse des mouches à feu

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Ce livre raconte environ un an de la vie d’une adolescente du Saguenay au milieu des années 90. Sa mère lui donne une copie du livre Moi, Christiane F, droguée, prostituée. On pourrait s’imaginer que lire sur les mauvaises expériences d’une jeune fille qui se drogue devrait en décourager une autre de le faire, mais non, Catherine la jeune saguenéenne, trouve que ça fait cool. Elle commence à prendre de la drogue et à faire toute sorte d’expériences, en rébellion avec ces parents.

Dans ce livre de Geneviève Pettersen, le personnage lit le livre sur Christiane F. Je ne l’ai pas lu au même âge, mais j’ai vu le film à sa sortie en 1981. Ho la la, quelle expérience! Très sombre, très crû, ce film m’a vraiment découragé de m’approcher de la drogue… en plus de la lecture de L’herbe bleue, qu’on s’arrachait à la bibliothèque municipale quand j’étais un peu plus jeune que lors de la sortie du film sur Christiane F.

Le livre se conclut sur des images du déluge du Saguenay. Catherine était allée à la pêche avec son père pour sa fête. Il pleuvait sans arrêt et ils décident de revenir à Chicoutimi. Ils y rencontrent la dévastation, la maison où Catherine a passé son enfance s’enfonce dans les flots.

Est-ce qu’on en déduit que la jeune Catherine est à la croisée des chemins, s’en va vers un recommencement, une occasion de repenser ses choix? Qu’est-ce qu’elle fera à partir de ce moment? Étudier, développer un engagement envers sa communauté et participer à la reconstruction, ressentir une énergie nouvelle pour faire quelque chose de ses capacités créatrices? Ou retournera-t-elle tout simplement à ses habitudes?

J’ai trouvé que le livre avait des longueurs, j’ai même failli le laisser de côté. Mais la fraîcheur de la langue et les détails du quotidien qui sont si bien campés ont eu raison de ma réticence face au thème de la drogue, qui n’est franchement pas dans mes centres d’intérêt. Au-delà de ce thème, le livre donne un aperçu d’un moment dans une vie qui se passe dans une région qui a des particularités culturelles que l’auteure rend très bien.

Référence:

Pettersen, Geneviève. La déesse des mouches à feu. Le Quartanier Éditeur, Montréal, 2014.

Autres choses:

https://fr.wikipedia.org/wiki/Moi,_Christiane_F.,_13_ans,_drogu%C3%A9e,_prostitu%C3%A9e%E2%80%A6_(livre)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Moi,_Christiane_F.,_13_ans,_drogu%C3%A9e,_prostitu%C3%A9e%E2%80%A6_(film)

https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Herbe_bleue_(roman)

https://www.vice.com/en_ca/article/7b7ved/christiane-felscherinow-interview

http://www.spiegel.de/international/germany/christiane-f-publishes-new-book-about-her-life-on-drugs-a-926540.html

http://www.lapresse.ca/arts/livres/entrevues/201403/07/01-4745599-genevieve-pettersen-jouer-avec-le-feu.php

Au théâtre en 2018: http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1034066/livre-roman-deesse-mouches-a-feu-theatre-genevieve-pettersen

Carlos Ruiz Zafón, El juego del ángel

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This is the third book of the cycle called The Cemetery of Forgotten Books that I have read, although it was the second one published. So I have not quite read them in the order published but as they are not sequential, it matters very little. I do have the fourth one awaiting my attention on my Kobo; it was published just last year in Spain, but will only come out in English in 2018.

I did not like this third book as much as the other two, or is it that I felt pressed for time reading it? The plot was (as for the others) very, very complex, with a multitude of subplots. If I was to summarize in one sentence, I would say that a very cruel, mysterious man plays with the life of a poor writer, like a cat with a mouse, with negative consequences for many people who cross paths with the writer and for the writer himself who loses everything that a man can lose save his life. It does not end well; there is no redemption for the poor writer and he ends up wandering the earth for 15 years. The final events in the epilogue do not give us any certainly that the future hold peace or happiness for him, only a hint that his torments may never be over.

If you want to get into a book where you essentially watch a character that you get to like from the beginning get flogged daily, then read The Angel’s Game. It is a nasty game.

Reference:

Ruiz Zafón, Carlos. El juego del ángel. Planeta, 2009.

Other things:

https://elpais.com/cultura/2008/04/16/actualidad/1208296805_850215.html

SPAIN BOOK REVIEW: ‘The Angel’s Game’ (El juego del ángel) by Carlos Ruiz Zafón

Camilla Läckberg, Le gardien de phare

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Ça faisait un bon bout de temps que je n’avais pas lu un bon polar suédois et je me suis fait plaisir avec ce livre. Ça s’est terminé sur une vraie surprise pour moi, la trame se révèle lentement. L’auteur raconte en parallèle ce qui semble être des récits complètement déconnectés, avec des personnages qui ne semblent jamais s’être rencontrés les uns les autres. J’aurais peut-être pu me poser plus de questions en chemin et j’aurais peut-être fait des liens plus vite… mais j’ai aimé me laissé porter au fil des évènements, saisir l’atmosphère des différents lieux, me laisser remplir des émotions des différents personnages.

Ce qui sème le plus de confusion, et rend le plus difficile le démêlage de l’écheveau est, comme dans bien de bons romans du même type, qu’on ne peut toujours se fier au narrateur… ce narrateur qui nous raconte comme des faits véridiques des perceptions d’esprits qui ont perdu le contact avec la réalité, même si certaines actions externes du personnage ont l’air tout à fait rationnelles. Mais lorsqu’on nous parle d’êtres qui ont vécu des situations atroces et qui ont souffert au point que leur raison vacille, à quoi peut-on se fier?

La quatrième de couverture nous présente la situation comme suit:

Annie, terrorisée et les mains en sang, s’enfuit vers le seul endroit où elle se sente en sécurité: la maison de vacances familiale, l’ancienne résidence du gardien de phare, sur l’île de Gråskär.

Quelques jours plus tard, Mats Sverin, qui venait de regagner sa ville natale après des années d’absence, est assassiné dans son appartement à Fjällbacka. Quand la police commence à fouiller dans son passé, elle se heurte à un mur de secrets. Avant de mourir, Mats est allé rendre une visite nocturne à Annie, son amour de jeunesse, sur l’île de Gråskär – appelée par les gens du cru “l’île aux Esprits” car les morts, dit-on, ne la quittent jamais et parlent aux vivants…

Erica, quand à elle, est sur tous les fronts. Tout en s’occupant de ses bébés jumeaux, elle enquête sur la mort de Mats, qu’elle connaissait depuis le lycée, comme Annie. Elle s’efforce aussi de soutenir sa soeur victime d’un accident de voiture aux conséquences dramatiques.

Comme bien des quatrièmes de couverture, c’est écrit pour accrocher l’acheteur éventuel et l’exactitude par apport au livre peut en prendre pour son rhume. Erica n’est pas vraiment sur tous les fronts. Elle est en fait étrangement absente, à part pour se promener partout en soufflant derrière sa poussette double. L’enquête est vraiment menée par son policier de mari Patrik et les autres membres de la police locale, et Patrik se démène vraiment beaucoup en dépit d’être à peine remis d’une crise cardiaque.

Évidemment, les questions-clés sont “Qui a tué Mats?” et “Pourquoi?”. Et l’écheveau est bien emmêlé. Et on a au moins deux grosses fausses pistes bien juteuses…

Et plusieurs thèmes intéressants se pointent en cours de route:

  • Le rôle et le fonctionnement des phares
  • La vie sur une île isolée au 19e siècle
  • La présence de l’esprit des morts et leur relation avec les vivants
  • Les finances municipales et les risques des projets de redéveloppement coûteux
  • La difficulté de travailler avec un patron incompétent
  • La violence conjugale
  • La manipulation par des psychopathes et autres déviants
  • Les activités d’affaire qui cache des trafics illicites
  • Le fonctionnement des refuges pour femmes battues
  • Faire le deuil d’un enfant
  • Faire le deuil d’un bébé mort né

En fait, ce livre est tout sauf ennuyant… Il y a une chose qui est traitée de façon très humoristique et c’est la question du patron incompétent. Le pauvre gars qui n’est pas à sa place n’est pas une mauvaise personne. En fait, on nous montre pourquoi et comment il est apprécié par sa famille. Mais au travail, il fait gaffe par dessus gaffe, une erreur n’attend par l’autre. Les autres thèmes sont traités de façon plus nuancée.

Référence:

Läckberg, Camilla. Le gardien de phare. Collection Babel Noir, Éditions Actes Sud, 2013.

Autre chose:

http://www.gala.fr/l_actu/culture/le_gardien_de_phare_de_camilla_laeckberg_un_polar_terrifiant_293644

http://www.gala.fr/l_actu/culture/le_gardien_de_phare_de_camilla_laeckberg_un_polar_terrifiant_293644

http://www.esperluette-blog.fr/le-gardien-de-phare-camilla-lackberg/

 

Sofi Oksanen, Baby Jane

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Ce livre a été publié en finlandais en 2005 et traduit en français en 2014. Cette traduction du deuxième roman de l’auteur est donc subséquente au grand succès de sa troisième oeuvre, Purge. C’est le livre que j’ai le moins aimé jusqu’à maintenant et j’espère que son nouveau roman, Norma, me plaira davantage.

Les commentaires parus dans des périodiques rapportés en quatrième de couverture disent: “Oksanen explore les ressorts de la jalousie. Un roman sensible, sur la difficulté de l’amour”; “Un tableau poignant de l’homosexualité féminine”; “Oksanen, d’une écriture charnelle, nous livre un roman au goût aussi amer qu’un Valium qu’on laisserait fondre sous la langue.”

Heu… pas tout à fait d’accord avec ces énoncés. Oui, on y parle de jalousie, mais on en explore pas vraiment les causes et le mécanisme de développement, peut être un peu les conséquences, mais pas toutes. Je ne suis pas sûre qu’on y parle d’amour, mais plutôt de dépendance affective ou de désir physique qu’on a besoin d’assouvir. Les personnages principaux sont certes des femmes homosexuelles, mais comme elles sont toutes affligées de désordres psychologiques, le tableau n’en est pas un sur l’homosexualité féminine, mais sur la sexualité trouble de femmes troublées. Enfin, le troisième énoncé emprunte l’image du Valium qui fond sous la langue au livre, et l’écriture du livre n’est pas si charnelle que ça, faisant plutôt état de la solitude profonde qui habite chacun des personnages.

On pourrait croire qu’il s’agit de l’histoire de la relation entre deux lesbiennes et du cercle social qui les entoure. Tous les personnages semblent être affligés d’un trouble mental: dépression, anxiété, ou phobie. En fait, je me représente plutôt avec l’image abstraite de particules qui flottent dans un champ énergétique, les impulsions énergétiques venant en partie des multiples intrants chimiques qu’utilisent les particules (alcool, antidépresseurs, anxiolytiques, etc.). À la fin, deux des particules s’échappent du champ qui les maintenait en place… et cette fin n’est pas heureuse.

Ce livre est très profondément triste. J’ai failli en abandonné la lecture à la moitié, mais je suis contente d’avoir pu le finir et d’en connaître la fin, parce que je me demandais où l’auteur aller amener cette histoire. La spirale ne pouvait que descendre et on ne pouvait attendre une fin de conte de fées.

Des quatres romans de Sofi Oksanen, j’ai préfére ceux qui présentent une fresque historique (Purge, Quand les colombes disparurent). J’ai hâte de voir ce qu’elle nous offre avec Norma.

 

Référence:

Oksaken, Sofi. Baby Jane. Éditions Stock, 2014. [2005 en finlandais]

Autre chose:

http://www.lemonde.fr/livres/article/2014/05/15/mal-etre-d-une-jeune-femme-moderne_4418727_3260.html

Danny Gregory, An Illustrated Journey

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I mentioned this book when discussed a variety of inspiring resources for sketching. I have now read it cover to cover, pored over the drawings, watercolours, and journal pages loaded with notes and comments about places, and I love it! It showcases the travel journals of a number of people and each of them talks about how they started sketching, how it affects the way they travel and what they see and hear when they are on site, the kits they carry while travelling (most frequent advice: travel light!). All super fascinating.

In his introduction, Danny Gregory writes:

When we document a journey in a sketchbook, we discover the difference between vacationing and traveling; we become adventurers, discovering new worlds through a thousand tiny details. Unlike those who hide behind a pudgy mystery novel and a piña colada while plopped in a poolside lounge chair, the travel journal keeper clears his mind, refreshes his eyeballs and builds a cache of enduring memories.

Almost everyone in this book agrees. Drawing while traveling has made them more deeply in love with both, has rekindled their love of sketching and has made travel something they plan for and look forward to for years.

I don’t want to put down people who like to read mystery novels on vacation (heck, I do that too!), but sketching has added a whole new side to the experience of traveling for me. And it is something I don’t ever want to lose. It has also added renewed pleasure in the discovery or rediscovery of the area I live in. I have always liked to do “tourist days” around Montreal. Now I do it with a sketchbook in hand. I see so many things differently. Houses, parks, whole neighborhoods, local business, people walking down the streets and stopping by for a chat with acquaintances, hidden gems in unexpected places.

The book includes some sketchers whose work I like and already knew, such as Liz Steel and Pete Scully. I have been introduced to others whose sense of colour just bowls me over, or with an ability to convey the energy of scene with minimal lines, or on the opposite end of the spectrum, show idiosyncratic details that maybe only they perceived. I will most likely go back to this book for inspiration.

References:

Gregory, Danny. An Illustrated Journey: Inspiration from the Private Art Journals of Traveling Artists, Illustrators and Designers. How Books, Blue Ash, OH, 2013.

Other things:

http://www.dannygregory.com/

http://lisacongdon.com/blog/2015/05/danny-gregory/

Urban Sketchers, juin 2017

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Maxime Olivier Moutier, Marie-Hélène au mois de mars

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Maxime Olivier Moutier, Marie-Hélène au mois de mars

Ce roman d’amour est déconcertant. Ou peut-être le fait qu’il s’annonce comme un roman d’amour l’est. Quelle image avons-nous habituellement du roman d’amour? Le roman à l’eau de rose, le roman sentimental visant un public essentiellement féminin, le roman Harlequin? La définition de linternaute.com nous dit “roman dans lequel l’amour est au centre de l’intrigue”. On sort un peu du stéréotype sentimental. Mais je ne peux m’empêcher de penser que l’étiquette de “roman d’amour” pour ce livre est plutôt ironique.

Je dirais que le centre de l’intrigue est la maladie mentale du protagoniste/narrateur. L’apparition de cette maladie aurait pu être précipitée par les difficultés de la vie amoureuse du narrateur ou les difficultés qui apparaissent dans la vie amoureuse du narrateur sont peut-être dues à une faille ou une faiblesse psychique préexistante. Une brève mais intense relation entre Marie-Hélène et le narrateur se solde par une tentative de suicide de ce dernier, qui cause son internement dans un hôpital psychiatrique. On ne parle nulle part de diagnostique ou de traitement et on ne voit que le point de vue du narrateur, quelques fois en un flux d’idées et d’images sans suite.

La notion de “roman” est aussi mise en cause. Le livre commence par une note de l’auteur:

Près des deux tiers de ce récit furent écrits alors que j’étais interné à l’hôpital Saint-Vincent-de-Paul de Sherbrooke. C’était en 1995. J’avais vingt-trois ans. À cette époque, la mort était partout. J’ai écrit ces pages en état d’urgence, sans compromis, comme  pour dire une dernière chose avant de mourir, définitivement. Le jour où elles seraient lues, j’aurais disparu. Comme un mot d’adieu.

Il dit plus loin:

Sur du papier, je n’aurai fait que mettre les mots qui me venaient; les mots d’une histoire qui a fait ma vie. Sans me soucier de relater les intentions réelles des personnes dont je parle. Je ne m’excuse donc pas: c’est de la fiction. C’est de l’écriture.

Alors, on peut penser que l’histoire que nous raconte le narrateur est basée sur des événements de la vie de l’auteur, comme il les a perçus, très subjectivement, sans recherche sur la “réalité objective” de la situation, ce qui en fait donc de la fiction. Donc, roman d’amour!

Référence:

Moutier, Maxime Olivier. Marie-Hélène au mois de mars. Marchand de feuilles, 2016. [Triptyque, 1998]

Autres choses:

https://voir.ca/livres/1998/12/10/marie-helene-au-mois-de-mars-le-maitre-des-desillusions/

http://www.ledevoir.com/culture/livres/478059/l-impudeur-d-un-livre-culte

https://www.erudit.org/fr/revues/lq/1999-n96-lq1187431/37480ac.pdf

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