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Bilan 2012 / Looking back on 2012

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Bilan « lecture et blog » de l’année 2012

Quand j’ai commencé à écrire ce blog en début d’année 2012, je ne m’étais pas vraiment fixé d’objectifs. Je ne comptais pas nécessairement me rendre au bout de l’année et je n’avais pas considéré à quelle fréquence je voulais bloguer. Au bout du compte, ça a donné une demi-douzaine d’articles par mois, un peu plus que le nombre de livres que j’ai lu dans l’année et le rythme a été plutôt constant. Et j’ai eu du plaisir à le faire, ce qui est quand même la chose la plus importante.

En ce qui concerne la lecture, je me suis laissé guider par le hasard en bonne partie, mais il y a aussi deux thèmes qui ont inspirés mes choix.

Premier grand thème : La Suède! Celui-ci a émergé rapidement en début d’année, quoique si vous m’aviez demandé si c’est ce qui donnerait une couleur à l’année le 1er janvier dernier, je n’aurais pu vous répondre. Ma décision à la mi-janvier de prendre des vacances en Suède en mai m’a précipité dans une série de lectures d’auteurs scandinaves, suédois en majorité. J’appelle ça l’anthropologie par la littérature; essayer de comprendre une société par ce qui transpire de la production littéraire de ses écrivains. Comme je ne peux pas savoir si ce que je choisis est représentatif, le processus est plutôt aléatoire, mais oh combien plaisant. J’ai découvert un auteur qui va sûrement me suivre pour le restant de mes jours, Per Olov Enquist. Plusieurs autres ont le potentiel de devenir des compagnons de lecture à long terme.

Deuxième grand thème : redécouverte de la littérature québécoise contemporaine. Mes visites répétées au Salon du livre de Montréal en novembre et les lectures qui ont suivies m’ont fait redécouvrir ce que j’aimais tant dans la littérature québécoise et en particulier la poésie. Je suis littéralement (et littérairement) tombée en amour avec Hélène Dorion. Ses recueils de poésie sont maintenant à mon chevet en permanence.

Et troisièmement, comme d’habitude, les choix au hasard ont donné de bonnes découvertes aussi, autant pour les nouvelles publications que les classiques (bon, le progrès dans la lecture de Crime et châtiment est plutôt lent, tout comme l’a été Pour qui sonne le glas l’été dernier) mais la satisfaction de savoir enfin de quoi les autres parlent est quand même importante.

Le top 6 de l’année (plus ou moins en ordre):

  • Hélène Dorion, tout ce que j’ai lu
  • Per Olov Enquist, tout ce que j’ai lu
  • Jocelyne Saucier, Il pleuvait des oiseaux
  • Lars Gustafsson, The Death of the Beekeeper
  • Julian Barnes, The Sense of an Ending
  • Cormac McCarthy, No Country for Old Men

Vers quoi on s’en va pour 2013? La pile de livres non-lus à la maison est plutôt imposante. Il faudrait bien en lire quelques uns avant d’en acheter d’autres. Il y aussi pas mal de volumes emmagasinés sur mon Kobo. Je suis en train de découvrir deux poètes qui seront aux jeudis littéraires de la Librairie Paulines à la fin janvier. Comme j’ai l’intention du suivre un cours de littérature en ligne sur le fantastique et la science-fiction (https://www.coursera.org/course/fantasysf), ça va orienter une partie de mes lectures pour les premiers mois. Pour le reste, ça devrait être une continuation de la dernière année, avec quelques surprises en chemin.

J’ai l’intention d’aller au festival Métropolis Bleu au printemps (22 au 28 avril 2013), aux Correspondances d’Eastman cet été (8 au 11 août 2013) et au Salon du livre de Montréal à l’automne (20 au 25 novembre 2013). Ah, il y a aussi le festival de poésie de Trois-Rivières du 4 au 13 octobre… Dépendamment de la date de nos vacances en France l’été prochain, il est possible qu’on puisse s’arrêter au festival de poésie de Sète (19 au 27 juillet 2013) en plus de voir le musée Paul Valéry et l’Espace Georges Brassens. On verra, ni la date ni la destination ne sont vraiment arrêtées et je ne décide pas toute seule!

Bonne année à tous et bonnes lectures en 2013!

 

Reading and Blogging Summary 2012

When I started this blog at the beginning of 2012, I did not have any specific objectives. I did not want to constrain myself to write all year and I had not targeted a specific number of posts per month. In the end, there was a pretty steady frequency of about 6 posts per month, a slightly higher number that the actual number of books read. And I had fun doing it, which is the most important thing in my mind.

As far as reading itself goes, I did not have a specific plan or reading list in mind, although two themes greatly inspired my choices.

The major theme of the year : Sweden! This emerged early on but if you had asked me what would be the major theme on January 1st, I would not have been able to answer. My mid-January decision to vacation in Sweden in May prompted my desire to read Scandinavian authors, the majority of them Swedish. I call this anthropology through reading; trying to understand a society through the production of its writers. However, as I cannot really know whether what I have stumbled upon is representative, the process is somewhat random, but so much fun. I discovered an author that will most likely remain a long-time interest: Per Olov Enquist. Others have the potential to maintain my interest as well.

Second theme: rediscovery of current Quebec literature. My three visits to the Montreal Book Fair in November and the follow-up reading that I did helped me rediscovered what I liked in Quebec literature and in particular poetry. I literately fell in love with Hélène Dorion. Her poetry volumes are now a feature on my bedside table.

Of course, serendipitous discoveries were also a feature this year, as much for new publications as for classics (well, progress through Crime and Punishment has been slow, as it was for For Whom The Bell Tolls in the summer) but it is still satisfying to find out what it is that people refer to when they mention or quote these classical works.

Top 6 of the year (more or less in order):

  • Hélène Dorion, everything I have read
  • Per Olov Enquist, everything I have read
  • Jocelyne Saucier, Il pleuvait des oiseaux
  • Lars Gustafsson, The Death of the Beekeeper
  • Julian Barnes, The Sense of an Ending
  • Cormac McCarthy, No Country for Old Men

What will be the focus of 2013? The pile of unread book at home is rather large. It would be good to make a dent in it before buying more. There are also many unread books on my Kobo. I am in the process of discovering two poets who will be talking at the Librairie Paulines in Montreal at the end of January. As I intend to take a MOOC on fantasy and science-fiction in the beginning of the year (https://www.coursera.org/course/fantasysf), that may steer some of my reading for the coming months. As for the rest, it should be a continuation of last year, with some added surprises.

I intend to attend Metropolis Blue in the spring (April 22 to 28, 2013), the literary festival in Eastman in the summer (August 8 to 11, 2013), the Montreal book fair in the fall (November 20 to 25, 2013). There is also the Trois-Rivières poetry festival on October 4 to 13. And depending on when we take our vacation to France next summer, we may end up at the poetry festival in Sète (July 19 to 27, 2013) where we could also visit the Paul Valéry museum and the Georges Brassens museum. We’ll have to see, neither the date nor the destination have been settled and I don’t get to decide this one alone!

Happy new year to all! And good reading for 2013!

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Yukonnaise, de Mylène Gilbert-Dumas

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Dévoré ce roman en une journée… histoire enlevante et description détaillée du mode de vie des habitants de Dawson City au Yukon. J’ai bien aimé les personnages attachants quoique certains personnages manquaient un peu de profondeur. Ça se lit bien, c’est bien écrit et je lirai sûrement d’autres livres du même auteur. J’ai même déjà offert de le prêter à une collègue au bureau.

Une écrivaine en route pour Dawson City mais coincée à Whitehorse à cause du mauvais temps (ça commence bien mais c’est probablement typique pour la région, tout comme dans les territoires du Nord-ouest) pense reconnaître une femme qui entre dans le café où elle s’est attablée et s’installe pour lire Le festin de Babette de Karen Blixen. Un peu plus tard, ça adonne qu’elle la ramasse en autostop. Il s’agit en fait d’une esthéticienne de Québec vivant au Yukon depuis plusieurs années, qui l’avait déjà traitée pour des problèmes d’acné. La dame en question n’est plus esthéticienne et est déménagée au Yukon pour changer de vie. Le livre raconte cette transition et sa transformation. On est souvent tenté de se demander ce qui amène quelqu’un à faire des choix qui peuvent nous sembler surprenants dans la vie. Voilà une histoire qui répond à ce genre de questions, pour une personne. Imaginez la multitude d’histoire qu’on pourrait trouver au même endroit. En fait, nous avons aussi un aperçu avec les bribes que nous laisse entrevoir l’auteur à travers ses autres personnages.

Si vous ne savez pas où est Dawson City et de quoi ça peut avoir l’air, faites une petite recherche sur le web.

English version

I read this novel in one day… Good story and detailed description of daily life in today’s Dawson City in the Yukon. I found the characters quite likeable although some characterizations were somewhat superficial. It’s easy to read, it’s well written and I would certainly read other books from the same author. I have already offered to lend it to a co-worker who is likely to appreciate it as well.

A writer is on her way to Dawson City but she gets stuck in Whitehorse due to poor weather (not unusual in the part of the world, same as the Northwest Territories). She sees a familiar-looking woman come into the coffee shop where she is waiting. She can’t think, at that moment, where she has seen her before. A few moments later, she picks up a hitchhiker and it’s that same women. It turns out that she used to be a beautician in Québec City and that she had treated her for an acne problem. The woman is no longer in the same line of business and had moved to Dawson City to start a new life. The book talks of her transition and transformation.  It is easy to be tempted to ask why people end up where they end up. This book can help satisfy this kind of curiosity, for one specific case. Imagine the many stories that could be written by other people from that very same place… In fact, we get some glimpses of that through the brief description we get of other characters.

If you don’t know where Dawson City is and what it might look like, do a quick search on the web…

Reference

Gilbert-Dumas, Mylène, Yukonnaise, VLB Éditeur, Montréal, 2012.

http://www.edvlb.com/mylene-gilbert-dumas/auteur/gilb1013

http://www.lapresse.ca/vivre/societe/201204/25/01-4518775-mylene-gilbert-dumas-trouver-le-nord.php

Hélène Dorion, Cœurs, comme livres d’amour

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Mon Dieu, qu’il est beau et bon ce recueil de poésies, si délicates qu’on dirait qu’elles s’effilochent dans l’air devant nous comme de la fumée… Hélène Dorion publie depuis plus de trente ans, mais j’avais réussi à ne jamais en entendre parler. Quand je l’ai rencontré au Salon du livre, elle a dû trouver que j’avais l’air de sortir d’une longue hibernation… et elle m’a fait une bien gentille dédicace.

Voici la première page du recueil :

Cœur :
organe

central
situé entre les deux
poumons

Sur le lac, le vent saisit mes lèvres,
L’imperceptible pulsation du sang
mon souffle heurté, le ciel, la neige, l’ombre
avec la lumière se confondent.
Je ne reconnais rien du paysage
à l’intérieur de moi

je cherche le centre.

Elle y parle d’amour, d’amour qui charme, qui éveille, qui émeut, qui blesse, du cœur dans toutes ses métaphores et convulsions.

À lire, et relire, et relire, et relire…

Référence :

Dorion, Hélène, Cœurs, comme livres d’amour, Collection « L’appel des mot », Éditions de l’Hexagone, Montréal, 2012.

http://www.helenedorion.com/

Renée Robitaille et l’art du conte : Hommes de pioche

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À mi-chemin entre l’oral et l’écrit se trouve l’art du conte. Renée Robitaille a trouvé là une façon de raconter à sa façon l’expérience des mineurs des mines d’or de l’Abitibi et de leurs proches. Basé sur une série d’entrevues et autres ouvrages de référence, Hommes de pioche raconte l’histoire d’une génération de mineurs bravant les dangers du travail sous terre et ce faisant, créant une communauté et une histoire haute en couleur. Renée raconte à son fils Arthur l’histoire de divers personnage et en bâtissant le conte, retrouve ses racines en Abitibi. C’est une joie à lire, et à écouter… car le livre se vend avec le CD d’un enregistrement live d’un spectacle de Renée Robitaille.

Location map for the Abitibi-Témiscamingue (Qu...

Telling tales is a mixture of the oral and the written… often much closer to oral transmission. Renée Robitaille is a Québec artist who writes stories and tells them on stage. She has chosen to tell the story of gold miners in Abitibi, a region of Québec where she has her roots. Based on a series of interviews as well as the consultation of a variety of written sources, Hommes de pioche (or Pick-Ax Men) tells the story of a generation of miners braving the dangers of underground mining and creating a colourful community and history. Renée tells her son Arthur the story of various characters and through building this tale, recovers her own roots deep in the Abitibi soil. It is a joy to read, and to listen to… the book is sold with a live recording of the show.

Référence :

Robitaille, Renée. Homme de pioche. Collection « Paroles ». Planète rebelle, Montréal, 2008.

Related sites:

http://www.reneerobitaille.com/

http://www.planeterebelle.qc.ca/

Mémoires d’une enfant manquée, de Brigitte Pilote

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Premier roman de Brigitte Pilote, les courts Mémoires d’une enfant manquée se lisent d’une traite. Il s’agit des mémoires d’une petite fille qui s’appelle Jeanne et dont la vie est chamboulée par la décision de ses parents d’aller vivre dans une commune dans les Cantons de l’est. Comme Jeanne n’est pas une petite fille ordinaire (elle refuse d’être une enfant, et se considère aussi futée que les adultes et même plus), elle porte un œil plutôt critique sur le monde qui l’entoure, en particulier en ce qui a trait aux inconstances et incohérences des adultes.

Un passage en particulier traite de cet aspect. Les enfants décident de faire une fugue de la commune en groupe. Dans la vie de la commune, les enfants sont encadrer par un adulte en particulier et les parents ne s’occupent pas nécessairement de leur propre enfant. Jeanne dit même ne pas savoir qui sont les parents de certains de ses compagnons de vie. Lors que retour de la fugue, les parents ont une toute autre attitude, au grand étonnement de Jeanne.

p. 117 « Tous les adultes étaient présents et chacun voulait reprendre son enfant comme son bien. »

p. 118 « … Denis en a profité pour se jeter sur moi et m’enlever Bébé endormi dans mes bras, pendant que maman se ruait sur René comme Damien sur sa chèvre le jour où son père a voulu la troquer contre la réparation du toit. Elle voulait à tout prix récupérer son fils, qui ne voulait pas lâcher Estelle, que ses parents essayaient d’arracher à René. »

p. 118 « Jamais je n’aurais cru voir les adultes s’agiter à ce point-là pour nous reprendre, parce que lorsqu’ils nous avaient à portée de main, on ne les voyait pas souvent du côté des enfants. »

Suite à l’attention portée à la fugue des enfants par les média, un producteur américain décide de faire un film sur la vie de Jeanne. Nous voyons donc la transformation de la vie de Jeanne dans sa nouvelle version « bonne pour le cinéma » à travers l’œil toujours aiguisé de celle-ci. On doit faire semblant d’être vrais devant les caméras…

La narration mêle la candeur d’un discours d’enfant avec la lucidité de l’adulte et donne un effet surprenant. Lorsque je l’ai rencontrée au Salon du livre de Montréal la semaine dernière, Brigitte m’a dit être en train d’écrire sont deuxième roman et j’ai bien hâte de voir comment son style s’affirmera avec le temps.

 

Chronique du Salon du livre de Montréal 2012 – 3e arrêt – 2e partie

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Dimanche dernier, au Salon du livre, j’ai assisté à plusieurs tables rondes et discussions intéressantes aussi.

La première table ronde à laquelle j’ai assisté s’appelait « Raconter l’histoire » et réunissait 3 romanciers qui écrivent des romans historiques, Jean-Pierre Charland (aussi professeur de didactique de l’histoire), Louise Chevrier (chercheure) et Michel Langlois (qui a fait carrière en généalogie). Ils ont parlé des thèmes suivants :

  • La différence entre les faits et la fiction, et la place des faits dans la fiction historique : Louise Chevrier dit aimé spécifier à ses lecteurs où elle triche avec la réalité pour raconter une bonne histoire, comme lorsqu’elle invente un personnage.
  • Le défi du roman historique : construire une bonne histoire sans donner un cours d’histoire. Ça veut souvent dire en connaître beaucoup sur les détails de la vie quotidienne en d’autres temps.
  • L’importance de trouver un angle et l’obligation de prendre partie à certains moments…
  • Ne pas trahir l’époque dont on traite mais trouver de bons moyens de rejoindre les lecteurs d’aujourd’hui.

Ces écrivains étaient de toute évidence des passionnés de leur travail et ont aussi eu l’air d’avoir du plaisir à participer au débat.

Une autre table ronde avait un sujet vraiment différent et l’atmosphère et le niveau d’engagement des personnes se manifestaient autrement. Ça avait l’air moins spontané et plus scripté, mais le sujet était quand même intéressant pour moi. On y parlait de la pertinence de la publication des revues dans l’ère de l’électronique. Mais on ne parlait pas de n’importe quelles revues, mais de niches très spécialisées de revues qui présentent un amalgame de reportages, de littérature, d’essais, allié à un grand souci esthétique dans la présentation. Les trois publications qui étaient représentées étaient Feuilleton, Liberté, et Nouveaux Projets, dont je n’avais jamais entendu parler. On était vraiment dans l’équivalent « revue » du « slow food », et non dans la lecture comme acte de consommation rapide d’informations éphémères. Gérard Berreby, éditeur de Feuilleton, parlait de raconter des histoires pour donner du sens et faire réfléchir plutôt que de la pure transmission d’information.

J’ai écouté une entrevue de deux auteurs (les journalistes Richard Hétu et Alexandre Sirois, de La Presse) qui ont publié un livre sur la politique américaine qui discute des facteurs influant sur les résultats des élections présidentielles. C’était plutôt d’actualité.

Il y avait aussi un panel avec 5 auteurs de polar de la Série noire de Libre Expression : Jacques Savoie, Mario Bolduc, Johanne Seymour, Geneviève Lefebvre, et David S. Khara. Ils ont décrit la nature du polar actuel, non seulement une bonne histoire du suspense, mais il s’y mélange maintenant aussi beaucoup d’autres éléments dont la critique sociale ou politique. Des auteurs nous font aussi beaucoup voyager. Ils ont parlé de l’importance de la structure du récit, de bien créer la chute, et de maintenir la tension pour garder l’intérêt du lecteur. Plusieurs avaient une expérience de scénariste, qui leur sert assez bien dans leur métier d’écrivain : on ne garde de la structure que ce qui est essentiel pour faire avancer l’action. On doit épurer le reste.

Une des raisons qui m’avait amené à retourner au salon durant la fin de semaine était la présence de Normand Mousseau, prof de physique à l’UdeM et auteur de plusieurs ouvrages de nature critique dont un sur les gaz de schistes et dont le nouveau livre parle de l’industrie minière. J’ai donc acheté ledit livre, Le défi des ressources minières qui promet d’être intéressant. Il a discuté du livre dans un bref panel en compagnie d’Alain Deneault, un philosophe de l’UdeM, qui lui a publié Paradis sous terre qui parle du Canada comme étant « la Suisse des minières », autrement dit en tant que paradis fiscal des minières opérant à l’extérieur du Canada et commettant ailleurs des crimes pour lesquelles elles ne peuvent être poursuivies ici. Le sujet semble plutôt incendiaire. L’auteur a parlé dimanche d’une « anthologie des  horreurs » : corruption, pillages, collusion, meurtres, etc. Au Canada, il critique les ententes inéquitables signées avec les communautés locales et les groupes autochtones pour faciliter l’exploitation des ressources minières. Il fait ici le lien avec le Plan Nord (dont Normand Mousseau dit que ça n’est pas un plan, mais une annonce publicitaire) qui pour lui ne sera jamais à notre avantage. Bien hâte de lire le livre pour voir tout l’argument. Venant d’un philosophe qui enseigne la pensée critique, ça promet. Alain Deneault est mieux connu pour avoir écrit Noir Canada (avec le même complice que Paradis sous terre), maintenant retiré de la circulation au Canada suite avec une entente hors-cours avec Barrick Gold qui les poursuivait pour diffamation.

Ça fait pas mal le tour des faits saillants de la fin de semaine… Plus instructif et plus le fun qu’une semaine à l’école, fertile en rencontres inoubliables. Je ne vous ai pas parlé de ma rencontre avec Michel Tremblay parce qu’on ne peut rien en dire.

 

Chronique du salon du livre de Montréal 2012 – 3e arrêt

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Quelle journée! Je vous ai dit qu’il y avait du monde vendredi soir? Vous auriez dû voir ça ce matin! La foule! Je suis arrivée vers 11h00 et ça grouillait vraiment de monde. Ça paraissait à la fin de la journée qu’il y avait eu achalandage; les piles de livres avaient diminuées de beaucoup. J’y suis restée jusqu’à 17h00 et là, il était vraiment l’heure de rentrer à la maison et de retrouver le train-train et le chum pour un souper à deux avant de redémarrer la semaine.

Sur le plan achat de livres, la récolte a été bonne, romans, poésie, contes, et même deux ouvrages de non-fiction dont je ne pouvais me passer (on pourrait discuter longtemps sur la différence fondamentale entre besoin et désir…).

Pour commencer, les coups de cœur :

  • Renée Robitaille et ses contes publiés par Planète rebelle : Elle se décrit comme conteur et se compare à Fred Pellerin. Ces livres sont publiés avec un enregistrement du conte lu par elle sur fond musical (j’ai hâte d’écouter ça). Nous avons discuté de sa démarche, de la recherche qu’elle fait en collectant des récits de vie, de ce qui l’intéresse, nous avons comparé nos impressions du Nord… belle conversation! Elle pensait m’avoir déjà rencontrée en quelque part mais je ne vois vraiment pas où. J’ai acheté deux livres : Le chant des os, plus récent, sur la vie en Abitibi, et Hommes de pioche, sur le travail minier en Abitibi. Quand on parle de comprendre la vie de différents points de vue, c’est exactement ce que je cherche.
  • Hélène Dorion, poète qui publie depuis près de 30 ans et dont le recueil Cœurs, comme livres d’amour était finaliste cette année des prix littéraires du gouverneur général. Nous avons eu une discussion sur l’apprentissage de l’amour de la langue et de la poésie. Sa dédicace est vraiment belle et poétique, elle m’a charmé. J’ai hâte de me fondre dans l’univers de sa poésie.
  • Mylène Gilbert-Dumas et Yukonnaise : elle était plutôt connue pour ses romans historiques. Cette histoire contemporaine relate l’adaptation d’une esthéticienne québécoise à la vie au Yukon, où les mœurs, les besoins et les préoccupations sont différentes des nôtres, « dans le sud ». J’ai entendu l’entrevue de Mylène Gilbert-Dumas avec Gilles Archambault et ses histoires sur la vie au Yukon ressemblent aux histoires de vie dans les territoires du Nord-Ouest et au Labrador dont m’ont fait part mes collègues qui vivent dans ses régions. Ça devrait être un livre le fun à lire.
  • Mémoires d’une enfant manquée, de Brigitte Pilote. Là, l’intérêt vient de deux points de vue différents. Brigitte écrit du point de vue d’une petite fille dans les années 70. Comme nous sommes de la même génération et plutôt du même milieu social, c’est sûr que ça résonne. J’ai commencé à une lire un bout en attendant l’autobus pour rentrer à la maison et ça clique. Il y aussi la connexion plus personnelle… je suis allée à l’école avec Brigitte au primaire ainsi qu’au secondaire. On a piqué une bonne jasette au salon et c’était très sympathique.

J’ai aussi rencontré Caroline Héroux (ben oui, même nom de famille!) qui publie son premier roman. Mais c’est aussi une réalisatrice film et télé très connue au Québec, entre autre pour une de mes séries de télé fétiches, Lance et compte. Je l’ai trouvé extrêmement sympathique aussi. Je n’ai pas acheté le livre par contre… on verra plus tard.

Demain, je pourrai vous parler des ouvrages de non-fiction que j’ai acheté, ainsi que des tables rondes auxquelles j’ai assisté, ainsi que d’autres remarques sur ma dernière journée de salon.

Chronique du Salon du livre de Montréal 2012 – 2e arrêt

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Vendredi, passé au moins 5 heures au salon du livre… Ça m’a pris plusieurs heures pour me rendre compte que j’avais manqué toute une allée d’exposants. C’est plutôt grand!

Il y avait beaucoup plus de monde que mercredi. Je n’étais probablement pas la seule personne à être partie du boulot plus tôt pour pouvoir y passer plus de temps. Mercredi, j’étais étourdie par la quantité de livres, vendredi, c’était plutôt la quantité de gens.

Moments-clés de cette visite:

– J’ai acheté un livre récent de Dany Laferrière que j’ai pu faire dédicacer.

– Michel Tremblay était là.

– J’ai acheté plusieurs recueils de poésie d’auteurs francophone hors-Québec.

– J’ai vu des livres d’auteurs scandinaves dont je n’avais pas encore entendu parler.

– J’ai assisté à des entrevues d’auteurs et à un panel sur le futur des revues en format papier plutôt intéressant.

– J’ai acheté un roman de Judy Quinn, Hunter s’est laissé couler, pour lequel elle a gagné le prix Robert Cliche 2012 (prix littéraire québécois pour une premier  roman). J’ai commené à le lire dans le métro en revenant mais je n’ai pas eu le temps d’y replonger aujourd’hui (trop de choses à faire).

Je retourne au salon demain, pour une bonne partie de la journée… Et retour au boulot lundi pour une longue semaine sans imagination et fantaisie.

Chronique du Salon du livre de Montréal 2012 – 1er arrêt

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Le Salon du livre de Montréal ouvrait aujourd’hui et je suis allée y passer quelques heures en sortant du bureau. C’est à peine à dix minutes de marche du boulot ce qui est super pratique. Bon, attendu qu’un salon du livre, ça n’est vraiment qu’une foire où tout le monde vient vendre des bouquins et que des livres non lus, j’en ai pour 5 ans à la maison, je m’étais promis de ne rien acheter ce soir. Par contre, j’ai déjà une super liste de livres que j’aimerais avoir. On assume ses manies…

Il y en a un qu’il faudra bien que j’achète, mais pas pour moi, pour ma maman. C’est une petite plaquette sur les ateliers d’écriture et comme elle anime des ateliers d’écriture dans la résidence pour personnes  agées où elle habite, ça ferait un bon cadeau de Noël.

Il y avait des conférences mais pas assez de places pour s’asseoir… ou il faut que j’aille m’asseoir avant que ça commence, ce qui suppose une discipline que je n’avais pas envie d’avoir ce soir. J’ai assisté à la diffusion d’une émission de radio sur la littérature gourmande (sur les livres où on parlent de bouffe mais pas nécessairement les livres de recettes). C’est un excellent sujet pour moi (qui me connaît sait de quoi je parle). On y parlait entre autre de chick lit (qu’on appelle apparemment “littérature aigre-douce” en français), il y en avait même une auteure, Nathalie Roy, dont l’héroïne s’appelle Charlotte Lavigne (encore beau qu’elle ne soit pas russe, dans ce contexte…). Une autre membre du panel était Anne Fortin de la Librairie Gourmande qui a parlé d’un projet de livre sur la cuisine dans l’oeuvre de Michel Tremblay. Dans le cadre de ce projet, elle est à la recherche de photos de repas en famille prises entre les années 1910 et 1960. Elle veut illustrée la façon qu’on avait de manger et de célébrer autour de la bouffe avant la venue d’Expo 67 qui a amené de nouvelles idées et de nouvelles façons de faire.

À part ça, j’ai erré de kiosques en kiosques… C’est pas évident de parler à quelqu’un dans ce bazar. Il y a des kiosques avec des produits, il y des conférences où la communication est à sens unique, mais on ne crée pas à ce salon d’espaces et d’occasions d’échange. Je pense que pour optimiser l’utilisation de mon temps (et le plaisir), ça serait bien que je me fasse une liste de questions à poser aux auteurs que je pourrais avoir l’occasion de rencontrer, histoire de ne pas avoir besoin d’improviser.

 Je trouve un peu difficile d’aborder quelqu’un pour piquer une jasette… Escuzez-moi, m’sieur, vous zyeutez le même livre que moi? Ça vous intéresse? Que lisez-vous? Si finalement, on a rien à se dire, ça juste l’air con. La solitude dans la foule. J’y retourne vendredi.