Tommi Kinnunen, Là où se croisent quatre chemins

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Intéressant roman finlandais racontant les faits saillants de la vie d’une famille du nord du pays sur trois générations. Ça commence avec une jeune sage-femme qui a une fille hors des liens du mariage et qui tient à tout prix à son indépendance. Cette fille devient photographe et se marie mais sa vie de femme marié la rend amère. Son mari cache un secret qui empoisonne leur relation. Leurs enfants ignorent tout du drame qui se joue.

L’histoire de la famille est liée à l’historique des maisons successives qu’elle habite, tout aussi complexe que la structure non-conventionnelle de ces habitations où l’on se perd et ou l’on fait maints détours. Tout cela se mélange à l’exubérance des courts étés et à l’oppression des longs hivers avec leur lourde chape de neige.

Référence:

Kinnunen, Tommi. Là où se croisent quatre chemins. Albin Michel, 2017.

Autres choses:

https://fr.wikipedia.org/wiki/Tommi_Kinnunen

Joyce Carol Oates, A Book of American Martyrs

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I greatly enjoyed this book! I have great deal of trouble concentrating on anything, so a great big chunk of a book such as this one was bound to be a challenge but surprisingly, it went really smoothly and held my attention. What was it? Oates super writing? Her way of showing the characters’ points of view? The gripping topics: pro-choice vs. pro-life, gender politics, family dynamics, the social context and class differentials in the abortion debate,

Some of the characters are beautifully developped an complex. On the other hand, there are some that are only shadows in the book while do they play an important role. Case in point: the father of the doctor who gets murdered… he takes in his grand-children to raise them when the mother is unable to continue to play her role after her husband’s death. How does he live through the events? One can only guess.

Reference: Oates, Joyce Carol. A Book of American Martyrs. Harper Collins, 2017.

Other things:

https://www.bookreporter.com/reviews/a-book-of-american-martyrs

https://www.theguardian.com/books/2017/jun/11/a-book-of-american-martyrs-joyce-carol-oates-review

Olivier Bourdeaut, En attendant Bojangles

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Olivier Bourdeaut, En attendant Bojangles

Ce cours roman relate les faits saillants de la vie d’une mère de famille hors de l’ordinaire. Deux narrateurs se donnent le relais. Un est le jeune fils de cette femme, et l’autre est son mari. Le ton est léger et le rythme rapide. De la joie de vivre et l’extravagance de la mère à sa descente dans la maladie mentale et la déconnexion de la réalité, on y découvre un parcours où le fils fait preuve d’une grande résilience et où le père tente de tenir tous les fils pour soutenir sa famille jusqu’au bout. Dans la légèreté apparente, on finit par découvrir toute la gravité de la situation.

Bourdeaut, Olivier. En attendant  Bojangles. Éditions Finitude, Bordeaux, 2016.

Autres choses:

Maylis de Kérangal, Kiruna

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Maylis de Kérangal, Kiruna

Dans Kiruna, Maylis de Kérangal partage son expérience et ses apprentissages d’une visite à Kiruna, une ville minière du nord de la Suède. Elle nous parle de ses rencontres avec diverses personnes de l’endroit, dont certaines sont employées par la mine (propriété d’une société d’état) et d’autres, non. Quoiqu’il en soit la ville n’existerait pas sans la mine et comme toute ville dans un endroit reculé, la vie y est une expérience singulière.

Ce récit est plutôt court (167 pages) et, à mon goût, manque de profondeur. J’aurais aimé y voir une pluralité de points de vue mais l’auteurs à quand même partagées ces impressions de façon intéressante pour une visite d’une semaine. Par contre, comparé à mon expérience de plusieurs villes minières nordiques, je reste sur ma faim.

Référence:

De Kerangal, Maylis. Kiruna. La Contre-Allée, 2019.

http://www.lacontreallee.com/catalogue/les-p%C3%A9riph%C3%A9ries/kiruna

Autres choses:

https://www.lacontreallee.com/catalogue/les-p%C3%A9riph%C3%A9ries/rougeville-promenade-%C3%A9l%C3%A9giaque

Ian McEwan, Machines Like Me

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Charlie Friend is 32 and he is dissatisfied with his life. As a day trader, he hardly makes any money. He is an anthropology graduate, but his life has been built on a succession of schemes that never fully succeeded. He befriends a neighbour, a history graduate student called Melinda.

The story is set in the 80s, during the Thatcher years, not in present time, so advancement in machine learning and robotics would not be common knowledge. However, Charlie has had a bit of interest in the subject, even publishing a book on it.

At about the same time Charlie and Melinda become more intimate, Charlie acquires an humanoid robot, with the money he inherited from his mother. Charlie decides to share the robot, Adam, with Melinda. The introduction of Adam in the story becomes a good ploy to explore several aspects of human nature, ethical dilemmas, and issues of free will and agency.

It turns out that Melinda hides a big secret which suddenly changes the course of the story (and started making it much more interesting to me).

In the end, neither the world, nor the technology, appear to be ready for completely autonomous humanoid beings, but this book raises interesting questions. I think this book would foster lively discussion in a book club.

McEwan, Ian. Machines Like Me. Penguin Random House, 2019.

Other things:

https://www.theguardian.com/books/2019/apr/11/machines-like-me-by-ian-mcewan-review

https://www.npr.org/2019/04/23/714887136/in-mcewans-latest-the-machine-is-too-much-like-you

https://www.npr.org/2019/04/23/714887136/in-mcewans-latest-the-machine-is-too-much-like-you

https://www.irishtimes.com/culture/books/machines-like-me-by-ian-mcewan-review-a-baggy-and-jumbled-narrative-1.3849775

 

Jane Urquhart, Changing Heaven

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An academic researcher is struggling with an unsatisfactory relationship… A Victorian performer falls from a balloon’s wicker basket unto the moors and dies… The ghost of Emily Brontë teaches her how to be a ghost. The academic researcher comes to England to write about weather patters in Wuthering Heights. All threads are intertwined.

This book is about relationships forming, transforming and collapsing just as it is about the violence of weather patterns. Weather is a wonderful metaphor for love, in all its manifestations.

Urquhart, Jane. Changing Heaven. McClelland & Stewart, Toronto, 1990.

Other things:

https://janeurquhartauthor.com/

https://www.everythingzoomer.com/arts-entertainment/2019/07/29/modern-masters-the-essential-emily-bronte-reading-list/

https://archive.macleans.ca/article/1997/9/15/a-writers-creative-trances

https://books.google.ca/books?id=TBlWCyVuOzMC&pg=PA115&source=gbs_toc_r&cad=3#v=onepage&q&f=false

 

Javier Sierra, El maestro del Prado y las pinturas proféticas

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Javier Sierra, El maestro del Prado y las pinturas proféticas

Ce roman nous invite à suivre le jeune narrateur, homonyme de l’auteur, dans la découverte de certaines oeuvres du musée du Prado, en compagnie d’un mystérieux étranger, que le narrateur et ses amis soupçonne à un certain moment d’être un fantôme, un fantôme mal intentionné de qui il devrait s’éloigner.

On découvre des oeuvres en explorant des détails de leur composition et de leur sujet, dans le contexte de leur réalisation à diverses époques de l’histoire. Des illustrations en couleur accompagne l’édition que j’ai lue.

Je n’ai pas apprécié le livre sur la forme. Le style du discours magistral répété à un jeune homme un peu crédule est plutôt lourd et la répétition d’un chapitre à l’autre me pesait. J’ai donc eu de la difficulté à lire ce livre avec une attention soutenue, malgré mon intérêt pour le sujet.

Sierra, Javier. El Maestro del Prado y les pinturas proféticas. Barcelona, Planeta, 2015.

Autres choses:

https://www.javiersierra.com/libros/el-maestro-del-prado/

https://www.goodreads.com/book/show/25111056-the-master-of-the-prado

 

Olga Ravn, Les employés

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Olga Ravn, Les employés

Cet étrange petit roman pourrait être qualifié de science-fiction ou de fiction spéculative. Il nous amène sur un vaisseau spatial dans un temps et un endroit qu’on ne nous décrit pas, mais évidemment dans le futur. On ne décrit ni les personnages, ni les lieux, ni l’objectif de la mission. Des termes nébuleux sont utilisés pour décrire certains objets dont on ne connait pas la forme ni l’utilisation. Mon cerveau a tenté tant bien que mal de les visualiser.

Le lecteur doit tout deviner… Le roman est composé d’une série de dépositions de membres de l’équipage, enregistrer par les membres d’une commission d’enquête dont nous ignorons tout. Une espèce de version hi-tech du roman épistolaire, mais sans aucune nouvelle du destinataire.

Des humains y cotoient des “ressemblants”, des entités biologiques programmables qui sont générés sous forme adultes et complètement fonctionnels en tant qu’employés en moins de 2 ans. Aucun des employés sollicités pour des dépositions ne semblent comprendre le pourquoi de leur mission ou de leurs tâches tout en étant préoccupés de bien faire leur travail. Les autres grandes préoccupations sont les relations avec les autres (surtout entre humains et ressemblants) et l’interaction avec d’étranges objets qui ont été trouvé sur une planète où ils se sont rendus.

Une partie des commentaires des dépositions sur l’état psychologiques de l’individu, de l’impact de l’incertitude du futur (à part de la certitude qu’on ne reviendrait pas sur Terre) et sur le manque d’explication de la finalité de la mission me rappelle bien des descriptions des impacts du manque de connaissances des “pourquois” sur les employés en entreprise dont les leaders ne sont pas assez explicites sur les objectifs et sur le rôle de ceux-ci dans l’atteinte des objectifs… une apathie, un manque d’engagement flagrant, une déconnexion d’avec la réalité.

Ce livre est une autre addition intéressante à la collection Fictions du Nord de La Peuplade.

Ravn, Olga. Les employés. La Peuplade, Rimouski: 2020.

(Original: De ansatte, Gyldendal, Copenhagen: 2018.)

Autres choses:

https://www.ledevoir.com/lire/572390/science-fiction-dystopie-postmoderne

 

 

Joan Didion, The Year of Magical Thinking

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Joan Didion, The Year of Magical Thinking

 

I am fascinated by portrayals of grief. Grief is such a complex experience and so different from one person to another. Of course, we all have plenty of experiences of grief, of losing people we love, but also grief over more abstract loses (lost opportunities, life changes we did not wish, ideas we have to let go).

A book I recently read, Journal d’Irlande by Benoîte Groult, was as much a celebration of vacations in Ireland as a reflection on the losses of old age. Benoite Groult had already discussed that in another book, but I was very much present in that Diary.

In The Year of Magical Thinking, Joan Didion shares her process of grief of coming to terms with life on her own in the year where her daughter fell very ill and her husband died. The initial response is one of disbelief, “how could these things happen?”. And a kind of numbness. The year ends up being a roller coaster. Grief does not get lighter with time, but comes and goes in great waves. At times, she forgot her husband was gone… They had lived a life of intense closeness. Both were writers and both worked from home. Constant presence makes the depth of the void greater.

And the writing is beautiful. It is a book that delights and surprises… It is not a depressing book, in spite of its somber subject matter. It is a fascinating look into sensemaking.

References:

Didion, Joan. The Year of Magical Thinking. Alfred A. Knopf, New York, 2005.

Other things:

https://www.nytimes.com/2005/10/09/books/review/the-year-of-magical-thinking-goodbye-to-all-that.html

https://www.npr.org/templates/story/story.php?storyId=4956088 (with book excerpt)

http://www.bookrags.com/studyguide-the-year-of-magical-thinking/chapanal006.html#gsc.tab=0

 

Frédérick Lavoie, Avant l’après: Voyages à Cuba avec George Orwell

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Frédérick Lavoie, Avant l’après: Voyages à Cuba avec George Orwell

L’auteur est un journaliste indépendant qui investigue les grands changements sociaux qui l’intéressent. Après s’être intéressé au monde postsoviétique, le voici en train d’explorer l’apparente ouverture du régime autoritaire cubain à l’occasion d’une nouvelle publication autorisée de 1984 de George Orwell.

Au gré de trois voyages qu’il a fait en 2016 et 2017, Frédérick Lavoie explore les changements dans la société cubaine et le régime castriste en rencontrant diverses personnes de différents milieux. Son contact principal est le traducteur de la nouvelle version de 1984.

Il cherche également à comprendre comment ce livre avait auparavant été édité au début des années 60, par une maison d’édition dont il peine à retrouver des traces. Il reçoit peu d’information, que ce soit au sujet de l’ancienne ou de la nouvelle édition, des autorités cubaines, comme quoi l’ouverture est parfois relative.

Dans ce récit plutôt détaillé, il raconte aussi le quotidien des cubains qu’il rencontre, les difficultés de la vie quotidienne dans ce pays dont les ressources sont grandement limitées par l’embargo américain. L’ouverture manifestée par Barack Obama n’ayant pas perdurée avec le changement de président, un certain espoir s’est amenuisé.

L’auteur nous dit dans sa conclusion:

La perspective de changement apparue au cours des dernières années a eu pour effet de timidement retourner le regard du présent vers l’avenir. Il y a toutefois de bonnes chances pour que cet avenir déçoive les Cubains. Les défis seront grands et complexes. S’arrimer au XXIe siècle n’est pas une mince affaire. Régler ses comptes avec le  passé est nécessaire, mais le ressasser encore et encore ouvre la porte à toutes les vengeances, augmentant les risques de reproduire les comportements qu’on cherchait à punir et à proscrire.

Face à tous ces pièges, j’entrevois tout de même un espoir pour Cuba. Il réside dans le caractère tardif de la transition espérée. Contrairement aux Roumains, aux Polonais et aux Tchécoslovaques en 1989, ou aux Soviétiques en 1991, les Cubaines et les Cubains que j’ai rencontrés au fil de mes voyages sur l’île ne se faisait aucune illusion sur l’après. Ils ne l’imaginaient pas radieux, mais simplement moins pire que le présent et le passé.

Un autre livre sur lequel je suis tombée récemment Cuba en la encrucijada, un collectif d’articles d’auteurs cubains et d’observateurs extérieurs complète de façon intéressante ce portrait. J’en parlerai dans un autre billet.

Références:

Lavoie, Frédérick. Avant l’après: Voyages à Cuba avec George Orwell. Éditions La Peuplade, Chicoutimi, 2018.

Guerriero, Leila, ed. Cuba en la encrucijada: 12 perspectivas sobre la continuidad y el cambio en la habana y en todo el pais. Penguin Random House, 2017.