Audur Ava Ólafsdóttir, L’embellie

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Le personnage principal, une jeune femme qui fait de la traduction et de la révision de texte en 11 langues, est considérée trop mutique par son mari, qui la quitte pour une collègue de travail, déjà enceinte de surcroît. Cet homme trouvait qu’elle communiquait très peu, était trop secrète, ne révélait rien sur son passé, surtout sur les neufs années passées à l’étranger avant leur rencontre.

Quoique le lecteur en sache peu aussi sur son passé, la narratrice au “je” nous mets au fait de tout ce qui se passe dans sa tête, de ses réactions spontanées jusqu’à ses réflexions les plus farfelues. Et la description en longueur de la préparation de l’oie tuée en pleine rue lorsqu’elle l’a frappée avec la voiture.

Ce livre traite avec beaucoup d’humour les aléas de la vie que rencontre l’auteur mais met aussi en scène la loyauté de la narratrice envers les personnes auxquelles elle est liée. Son amie Audur, enceinte de 6 mois, se tord la cheville devant chez elle en venant lui rendre visite. Une fois à l’hôpital, on lui découvre d’autres problèmes qui nécessitent une hospitalisation prolongée. Audur lui demande de s’occuper de son petit garçon de 4 ans, Tumi, sourd et malvoyant. Notre protagoniste ne peut dire non et se retrouve à partager sa vie avec cet étrange petit bonhomme, elle qui ne connait rien aux enfants.

De plus, parce que ce roman recèle d’événements, elle gagne le gros lot dans une loterie et un chalet dans un autre tirage. Elle fait installer ce chalet en bordure du village où vivaient jadis ses grands-parents. Le roman devient dès lors une grande aventure, départ vers l’est de l’Islande que la narratrice avant auparavant peu fréquenté sauf durant son enfance. Elle se passe la remarque qu’elle avait en fait peu quitté les confins de Reykjavik depuis son retour de l’étranger.

Jusqu’à ce point dans le livre, je me demandais qu’elle était vraiment la quête de la protagoniste. J’avais l’impression qu’elle se faisait balloter par les événements sans manifester de volonté. Peut-être que c’était pour ça que je déposais si facilement le livre et que j’ai mis tant de temps à en lire la première moitié. Par contre, la deuxième moitié a plus soutenue mon attention.

Ce retour aux sources semble la calmée. Elle entame le voyage de retour vers Reykjavik pour les fêtes de fin d’année dans la sérénité.

Le roman est suivi d’un addendum très humoristique contenant 47 recettes de cuisine (l’oie!) et une recette de tricot.

 

Référence:

Ólafsdóttir, Audur Ava. L’embellie. Zulma, 2012. (originalement publié en islandais en 2004)

Fanie Demeule, Déterrer les os

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Avec la narratrice de Déterrer les os, tout est absolu et excessif. La nourriture et son contrôle, les sensations de plaisir et le jeu. Manger pour combler un vide intérieur. Les phobies. L’horreur des règles qu’elle voudrait supprimer.

Il existe forcément un moyen de supprimer les règles. Il me prendra le temps qu’il faudra, je finirai par trouver. C’est désormais l’unique objectif de ma vie.

Une remarque de ses parents sur le fait que certaines athlètes n’aient parfois plus leurs règles l’entraîne dans un tourbillon d’activités physiques. L’anorexie prend possession de sa vie. Elle utilise les mots “purification” et “épuration”. Ses os deviennent visibles. Crises de boulimie. Elle devient aussi hypochondriaque. Peur de mourir.

Un accident de voiture semble déclencher un changement, peut-être un retour vers la “normalité”. Mais la fin est ambigüe.

Référence:

Demeule, Fanie. Déterrer les os. Hamac/Édition du Septentrion, Québec, 2016.

Autres choses:

http://www.libredelire.com/fanie-demeule-deterrer-les-os

https://larecrue.org/d%C3%A9terrer-les-os-fanie-demeule-862653868686#.arb31f8et

http://www.ledevoir.com/culture/livres/487757/fiction-quebecoise-la-petite-fille-qui-aimait-trop-les-pamplemousses

Club de lecture – rencontre 22 mars 2017 http://211blog.drawnandquarterly.com/2017/01/club-de-lecture-francais-deterrer-les.html

Jonas Karlsson, La pièce

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Voici ce que dit la quatrième de couverture de ce livre:

La première neige est tombée sur Stockholm et Björn vient d’être muté à l’Administration. Mégalomane sur les bords, Björn a une opinion démesurée de son rôle. Arrogant et psychorigide, il est loin de faire l’unanimité parmi ses collègues. Mais Björn n’est pas là pour fraterniser ou bavarder inutilement, il est là pour travailler et montrer le bon exemple à ceux qui n’ont peut-être pas, comme lui, la bureaucratie dans le sang.

Un jour, il découvre une porte entre l’ascenseur et les toilettes. Elle ouvre sur un bureau inoccupé où règne un ordre parfait. Cette pièce lui procure une sensation singulière de calme et de bien-être, et il commence à s’y réfugier aussi souvent qu’il le peut pour se ressourcer. Mais un malaise grandissant se répand au sein du service. Pourquoi le nouveau venu reste-t-il toujours planté en plein milieu du couloir à fixer le mur?

Non seulement Björn est psychorigide mais il souffre d’un certain détachement de la réalité et vit dans son propre monde. Il a de la difficulté à entrer en relation avec les autres et semble incapable de manifester de l’empathie. Tout cela met une barrière infranchissable entre lui et les autres.

Un changement de poste dans un nouveau service met ces difficultés en évidence. Ce que Björn s’acharne à percevoir comme de l’avancement paraît plus comme une rétrogradation. Son ancien service a passé le “problème” au suivant… Et son nouveau chef semble souvent pris au dépourvu devant le comportement étrange du nouveau venu. Il devra aussi rassurer les autres employés qui s’inquiètent du comportement incompréhensible de leur nouveau collègue.

Lorsque Björn découvre la pièce entre les toilettes et l’ascenseur, il découvre un refuge rempli de calme et d’ordre où il peut échapper au chaos qui l’agresse dans le bureau. Il y retourne de temps en temps pour se ressourcer. Ce qui se passe en réalité est qu’il se tient debout dans le couloir face au mur. Bien sûr, ceci se passe à la vue de ses collègues qui s’effraient de ce comportement. Björn perçoit les efforts répétés de faire cesser ce comportement comme du harcèlement. Il lit constamment les comportements et le langage non-verbal des autres de façon erronée. La détérioration se poursuit, malgré les efforts de son chef pour l’aider et sa suggestion du consulter un psychiatre. Son apparence de rationalité extrême  rend un diagnostique difficile. Björn trouve enfin un refuge plus sûr que La Pièce…

J’ai eu de la difficulté à me concentrer sur ce livre au début. Je trouvais le point de vue de Björn un peu pénible et ça a pris du temps avant d’introduire le point de vue d’autres personnages. Mais dans le dernier tiers j’étais vraiment prise par les enjeux et j’avais hâte de voir jusqu’où l’auteur pousserait l’absurdité de la situation. Du Kafka-viré-à-l’envers… l’environnement lui-même n’est pas en cause, mais une personne tordue le vit de cette façon.

J’ai souvent trouvé qu’on présentait peu le monde du travail contemporain dans la littérature, à part pour certains aspects de professions spécifiques (policiers ou avocats par exemple) mais peu souvent le monde de grandes structures administratives où le travail est morcelé de la façon du travail à la chaîne. Avec La pièce, j’ai été servie.

Référence:

Karlsson, Jonas. La pièce. Actes Sud, 2016. (publié en suédois par Wahlström & Widstrand, Stockholm, 2009)

Autres choses:

https://www.theguardian.com/books/2015/jan/15/the-room-by-jonas-karlsson-review-comedy-or-tragedy (revue basée sur la traduction anglaise)

http://www.onlalu.com/livres/roman-etranger/la-piece-jonas-karlsson-21078

http://www.lopinion.fr/edition/autres/critique-quiriny-piece-qui-n-existait-pas-107105

http://www.thierry-guinhut-litteratures.com/2016/07/fantastique-et-anti-utopie-contre-l-hydre-de-l-etat-aux-pays-scandinaves-jonas-karlsson-la-piece-johanna-sinisalo-avec-joie-et-docil

Paul Bélanger, Des amours

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La couverture rouge de ce recueil de poésie s’accorde bien à son titre et à ses thèmes.

Le poète nous parle des amours charnels qui s’expriment dans la médiation du corps. La transition de l’amour charnel au poème s’opère par des images limpides. Voici donc deux exemples:

de même ces mots étranglés dans ta gorge
tu les caressais comme autant d’énigmes
tu ne pouvais pas savoir
si tout cela

menait à un échec tant
les repères volaient en éclats

Et,

tu ne guérissais pas
de l’amour au chatoiement
si divers que l’impossible reste
le noyau qui aimante
ce corps et ce vers
comme la plus inattendue
des histoires

pour autant tu reviens
à cette chute des métamorphoses

Cette transition au poétique le différencie d’un amour banal (mais est-ce qu’un amour peut être banal?).

Le poète est à la recherche de la communion intense qui rencontre rarement l’apaisement. Deux passages, en particulier, m’ont accrochée:

elle habitait peut-être tout près
dormait-elle seulement à demi
tournée vers le vide
comme moi
nouée à mon absence

Et,

Cette pulsion source tu l’attendais
chaque jour comme son amour
le poème y dormait depuis mille ans
prenait forme quand tu la regardais dormir

Tout de l’amour mène à l’émoi, l’acte, son anticipation et son souvenir, l’absence de l’être aimé. Les poèmes ne peuvent être réduits à des anecdotes, ils transmettent l’émotion à l’état pur.

Référence:

Bélanger, Paul. Des amours. Éditions du Noroît, Montréal, 2015.

Autres choses:

http://lesmeconnus.net/exister-vers-lamour-delie-des-amours-de-paul-belanger/

http://vitrine.entrepotnumerique.com/resources/9782890189843

Aki Ollikainen, La faim blanche

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Un autre livre où règnent le froid et le vent…

Ce sont les fantômes de cet hiver – statues de neige que le vent arrache à la mer gelée. Le bateau n’est jamais arrivé, mais l’hiver, oui – sans prévenir, en une nuit.

La population, démunie, se meurt de froid et de faim. Les paysans prennent la route et se joignent aux hordes de mendiants.

Marja laisse son mari mourant à la ferme et entame son périple vers St-Petersbourg (un mirage!), avec ses deux enfants. Sa fille meurt de faim peu de temps après leur départ. La douleur envahit Marja.

Le froid se propage de son estomac à tout son corps, puis se change en une tristesse qui balaie sur son passage la faim, les grelottements et la fatigue. Elle remplit son corps creux d’un lourd vide qui ne laisse place à rien d’autre. À l’intérieur, comme un étang marécageux d’eau noire et sans vie. Un plongeon arctique nage devant ses yeux. Il se change en macreuse brune; elle essaie de prendre son envol. Mais la bise neigeuse fige tout, fait le vide, l’oiseau disparaît. La tourmente passée, tout est blanc, mort. Marja se lève et rejoint Juho endormi sur le banc, le prend dans ses bras et s’effondre de fatigue.

Le périple continue avec toutes ses difficultés, mauvais traitements, la faim, le froid, la fatigue. Marja s’effondre sans se relever. Un médecin compatissant amène Juho à un vieux couple bourgeois sans enfant.

Les survivants de cette tragédie mineure, famille défaite, ne se retrouveront peut-être jamais. Juho est trop jeune pour savoir d’où il vient, pour y retourner, s’il survit à la famine, à son futur incertain.

Ce petit livre, à la lecture duquel le froid nous envahit, évoque de façon très imagée les difficultés de la vie dans les contrées nordiques. Les moyens limités des gens face au froid mortel et sans pitié fond de la vie une rude bataille.

La faim blanche est le premier roman de cet auteur finlandais dont la version originale a été publiée en 2012. Je lirais avec plaisir d’autres écrits de même auteur.

Référence:

Ollikainen,  Aki. La faim blanche. Éditions La peuplade, Chicoutimi, 2016.

Autres choses:

http://www.ledevoir.com/culture/livres/481729/litterature-etrangere-les-ames-mortes-de-la-finlande

http://next.liberation.fr/livres/2016/09/09/la-route-de-la-faim_1491234

https://plaisirsacultiver.wordpress.com/2016/10/25/la-faim-blanche-de-aki-ollikainen/

Bergsveinn Birgisson, La lettre à Helga

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Ce roman est une longue lettre écrite en 1997 par Bjarni à Helga qui fut sa voisine une bonne partie de sa vie. Il écrit cette lettre après la mort de sa femme Unnur, stérile et sévère mais travaillante et fiable sur la ferme. Il désira Helga un temps et lui fit un enfant. Puis, un jour, il se rendit compte qu’il l’aimait.

Dans cette lettre, Bjarni vieillissant se met à nu et fait le bilan de sa vie. On apprend à la fin du livre qu’Helga ne recevra jamais cette lettre, mais qu’importe, Bjarni est en paix avec lui-même. Et nous en savons plus sur la complexité matérielle, culturelle, sociale et émotive d’un paysan islandais, à l’image des changements constants du rude climat de cette île encore un peu mystérieuse.

Ce que j’ai trouvé remarquable dans ce livre, c’est la variété de façon de parler de la mort ou de la fin de vie.

La vieillesse fait son oeuvre. Il y a, bien sûr, des moments où l’on regarde ses pantoufles en pensant qu’un jour elles seront encore là, tandis qu’on n’y sera plus pour les enfiler.

Bientôt, ma Belle, j’embarquerai pour le long voyage qui nous attend tous. Et c’est bien connu que l’on essaie d’alléger son fardeau avant de se mettre en route pour une telle expédition. Assurément, j’arrive après la soupe en t’écrivant cette lettre maintenant que nous sommes tous plus ou moins morts ou séniles, mais je m’en vais la griffonner quand même.

Bientôt s’éteindra la dernière flamme et ma bouche béante se remplira de terre brune.

C’est par un temps pareil, entre Noël et le jour de l’an, que la vieille Sigrídur de Hólmanes passa l’arme à gauche, et ce n’était certes pas la période la plus commode que la grande Faucheuse avait choisie pour faire son coup.

Tu vois, Helga, quel petit bonhomme je suis, maintenant que la coupe est vide et que la partie s’achève.

C’est à ce moment qu’elle est arrivée, la petite bergeronnette; elle s’est posée tout près, sur une motte herbue. Je lui ai demandé, comme grand-mère Kristín me l’avait appris, où je passerais l’année prochaine. La bergeronnette a hoché la queue mais ne s’est pas envolée et j’ai compris que le poseur de question n’en avait plus pour longtemps. Le rayon de soleil inondait la colline d’un tel flot de lumière que j’y ai vu le signe qu’un grand esprit me faisait, de l’autre côté de la vie.

Bien sûr, il est difficile de savoir quelles expressions sont dues plus à la traduction de l’islandais au français que de l’islandais original… mais j’ose penser que la traduction respecte l’esprit de l’original et les tournures de l’auteur.

Au deux-tiers du livre, il y a un passage absolument fascinant qui est une critique de la philosophie existentialiste qu’on met dans la bouche d’un vieux paysan. Au final, on dit que les vieux paysans avaient une grande intelligence et qu’ils pouvaient penser par eux-mêmes, sans intellos des villes pour venir leur dire comment penser.

Ce petit livre se lit presque d’une traite mais je recommande de le savourer, d’imaginer les paysages et le dur labeur de la terre, ainsi que les troupeaux de moutons dans la brume du matin et de réfléchir à ce qui nous différencie de ce peuple si lointain. Ou peut-être pas.

Référence:

Birgisson, Bergsveinn. La lettre à Helga. Zulma, 2013. (publication originale en islandais en 2010)

Autres choses:

http://www.lapresse.ca/arts/livres/critiques-de-livres/201310/09/01-4698114-la-lettre-a-helga-une-perle-.php

http://www.lexpress.fr/culture/livre/bergsveinn-birgisson-de-feu-et-de-glace_1280684.html

http://smallthings.fr/2013/11/28/lettre-helga-birgisson-critique/

http://www.lesheuresperdues.fr/la-lettre-a-helga-bergsveinn-birgisson/

Margaret Atwood, Hag-Seed

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This book is published by Penguin/Knopf Canada in The Hogarth Shakespeare collection. It is a creative retelling of Shakespeare’s The Tempest. I am not a huge fan of Shakespeare: the language usually stumps me and the plays I have seen were difficult to follow (and if held outdoors, we got eaten alive by mosquitoes).

Atwood offers a version of the story of revenge where the former creative director of a theater festival seeks revenge on the men that terminated his position. The occasion for revenge takes many years to show up and our mad man (mad in many sense of the word) lives in seclusion until he sees an opportunity to teach in a literacy program for inmates at the local prison. Coincidentally, after a few years of being involved with the program, the two men aforementioned are now government ministers and are scheduled to visit the penitentiary at the time where a literacy session ends and the inmates will be ready to perform the play they have been working on. The teacher gains the collaboration to stage a bit of interactive theater to scare the ministers into continuing funding for the literacy program as well as getting the teacher his former position back.

What I didn’t like in the book:

  • Too many coincidences! A coincidence may be a useful device to move action along, but there are many, many coincidences in this book.
  • Some parts are a bit too long and I was losing interest.
  • The ending is very unrealistic, with the mad man being reinstated in his former position with the theater festival. Too many assumptions here: the position still exists after many years, there wasn’t an incumbent (or one was easy to kick out – see my speculations on what could happen next with this), the mad man was still the right person for the job.
  • The teacher smuggles things into the jail way to easily.

What I liked in the book:

  • The dialogues are very good and very entertaining.
  • I am glad that I stuck through the parts I thought were too long. In the end, it was a rewarding read and I think I have a better understanding of the play.
  • There was quite a bit of humor, especially in the interactions with the inmates.
  • Showing the inmates are men with existing skills and the ability to develop new skills even though it was not always easy humanized those characters.
  • The book ends with a synopsis of the play, which helps to put a lot of the information in the book into context.

One of the exercises that the teacher asks his inmates-students to do at the end of the course is to come up with a story about what happens with a specific character after the end of the play. So I will do that with the character of the teacher in the book.

First option: In order to give the teacher his old job back, the current director had to be reassigned to another position. While he agreed to go along, he nevertheless carries a grudge and spends years waiting for an opportunity for revenge. And on it goes…

Second option: In the short term, the teacher gets what he wants, and all seems to go well for a while. He is getting on in age and is starting to have some short term memory loss. As dementia sets in, he starts having both nightmares and hallucinations in which the vengeful actions he took against the two ministers turn against him. So, similarly to option 1, he becomes himself the victim of revenge even though it is only happening in his own head… One day, in the middle of a very powerful hallucination, he runs across the street is struck by a van. The end.

I suppose there could be many other ways to continue the story. What do you think?

Reference:

Atwood, Margaret. Hag-Seed. Knopf Canada, 2016.

Other things:

http://www.penguinrandomhouse.com/series/HSR/hogarth-shakespeare

http://www.repercussiontheatre.com/shakespeare-in-the-park/

 

Mona Høvring, Nous sommes restées à fixer l’horizon

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En quatrième de couverture:

Nous sommes restées à fixer l’horizon est le premier roman de Mona Høvring traduit en français. Ouvrière travaillant dans une fonderie, Olivia vit entre une mère fantasque et pseudo-bourgeoise qui l’étouffe et un petit ami qui vient de la flanquer à la porte. Elle apprend que sa tante Ågot, décédée brusquement lors d’un voyage en Norvège, vient de lui céder sa maison à Reykjavík. Aux obsèques, Olivia fait par hasard la connaissance de Bé – les deux jeunes femmes tombent aussitôt sous le charme l’une de l’autre. Une nouveauté pour Olivia qui n’a jamais été amoureuse d’une femme. Elles décident alors de partir ensemble en Islande, dans cette maison gardée par Halldóra, une “amie” de la tante Ågot.

Avec son écriture lumineuse, amusée, sensuelle et poétique, Mona Høvring dessine un portrait de femme résolue à s’affranchir des obligations sociales et familiales pour suivre sa rébellion intérieure et vivre pleinement la vie qu’elle entend enfin mener. C’est le parcours d’une insoumise qui chemine vers son devenir.

Première phrase: “Ma tante a été enterrée un lundi.”

Dernière phrase: “J’ai soudain été démangée par l’envie de me battre avec elle.”

Ce roman est publié aux Éditions Noir sur Blanc dans la collection Notabilia, dont j’aime tant le design graphique. Incidemment, la firme qui fait le design est montréalaise (http://fr.paprika.com/projects/notabilia-romans/).

À 18 ans, Olivia fait une demande d’inscription à la faculté d’architecture de l’université de Trondheim et elle y est acceptée. C’était sans compter sur la nature manipulatrice de sa mère qui lui fait tout un cinéma sur ces origines modestes avec une faim permanente ainsi que sur la maladie dont elle est atteinte et qui ne lui laisse qu’un an à vivre. Elle ne veut pas perdre Olivia, qui renonce à son projet. Le niveau d’énergie de sa mère démentant le pronostic funeste, Olivia se doute bien qu’elle a été manipulée. Mais elle travaille désormais dans une aluminerie et poursuit sa vie. Nous la rencontrons alors que son petit ami la met à la porte et qu’elle emménage temporairement chez un collègue de travail. Au même moment, une tante domiciliée en Islande meurt lors d’un voyage en Norvège.

Lors des funérailles, par hasard, dans les toilettes publiques de l’hôtel où les proches se réunissent, Olivia rencontre une femme par laquelle elle est attirée. Le reste du roman est une quête de sens, entre les choix qui se présentent à Olivia: aller en Islande où elle possède maintenant une maison, explorer son attirance pour une femme, réfléchir sur son futur. Sans scènes de sexe explicites et sans mélodrame, Olivia trouve sa place avec l’aide bienveillante de l’ancienne compagne de sa tante.

En dépit des lubies et difficultés du personnage principal, l’auteur nous la fait aimer en présentant ses réflexions et réactions de façon tout à fait candide. Par conséquent, Olivia, qui aurait pu être tout à fait caricaturale, se trouve à être nuancée. Par contre, les portraits des autres personnages sont beaucoup moins développés et cet aspect m’a laissé sur ma faim.

J’ai trouvé ce livre en faisant ce que je fais habituellement quand j’entre dans une librairie: j’écume les tablettes de la section “Littérature étrangère” pour ramasser les livres d’auteurs scandinaves. Quand j’en vois un, je le prends parce que c’est rare que je vais voir le même livre deux fois.

Élément cocasse: La narratrice commente que les faire-part de décès qui sont publiés avec une photo sont selon elle intrigants, sinistres et répugnants. Ces publications sont souvent faite de cette façon, souvent avec des photos de jeunesse. Ces coutumes diffèrent par culture.

Référence:

Høvring, Mona. Nous sommes restées à fixer l’horizon. Éditions Noir sur Blanc, Paris, 2016. [Publication originale en norvégien en 2012]

Autres choses:

http://litterature-romande.net/nous-sommes-restees-fixer-horizon-mona-hovring/

http://next.liberation.fr/livres/2016/03/18/mona-hvring-vertiges-de-l-amour_1440557

Getting Over The Pile of Unreviewed Books

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This has been stressing me out, the pile of books I have read but not reviewed and even though I have been telling myself I will get to them, my Christmas present to myself (besides the 150-box of Prismacolor Premier pencils!) is to just let it go. So I will do short comments in this post, which may turn into a mega-post and move on, returning to my usual one-post a book as new reads get completed.

Martine Audet, Ma tête est forte de celle qui danse (Éditions du Noroît, 2016): A highly-regarded Montréal-based poet with a quirky use of language. This collection projects strong images of violence, pain, love, passion. I read it while on vacation in Cuba and the ambient heat seemed to magnify the emotional content of the text. For me, reading poetry is often a very physical affair. As I read, I try to conjure up images, and the words and images lead to physical sensations, from floating to intense claustrophobia, from elation to heartbreak. This book hit so many notes with me… A language quirk that shows up repeatedly in this collection is the use of the verb “pouvoir” (Je peux = I can) as action directly on objects rather than actions, a strong assertion of the power of transformation.

Kim Moore, The Art of Falling (Seren/Poetry Wales Press, 2015):  A wonderful collection of poems. Some of those I particularly liked spoke of music and musical instruments, related to the author’s occupation as a music teacher. One of the random choices purchased during my trip to London, England.

Sylvia Plath, Ariel (Faber & Faber, 2015 [1965]): A classic. I had read isolated poems, and had loved “You’re” since the age of 17, but overall, I was disappointed by the collection. Maybe my expectations were too high and I have to reread them another time with a different mindset.

Corinne Chevarier, Anatomie de l’objet (Éditions Les herbes rouges, 2011): Two suites exploring transgression and abuse, in images both direct and diffuse, with a strange twist of language that both depersonalizes the victim and expresses a deep tenderness for the child within. Loved it!

Ouanessa Younsi, Emprunter aux oiseaux (Mémoire d’encrier, 2014): A wonderful suite of poems by poet and psychiatrist Ouanessa Younsi, where she expresses her love and tenderness for her aging grandmother who is suffering of dementia. There are now so many authors looking at the effects of dementia on humanity, identity and relationships, whether it involves family elders, parents, or a spouse. The loss of cognitive capabilities and language brings so much into question… poetry is a great medium to explore it. In this suit, the poet uses what is left of language is her grandmother and incorporates her words. She says in the introduction: “Parler de Denise ne suffit pas. Denise possède une parole riche et pauvre, défenestrée et parfaite parce que sienne. Il me faut lui donner un espace. Les déments ont une voix qui mérite l’écoute du poète attentif à la finitude. Ma grand-mère incarne la philosophie: apprendre à mourir. Denise touche à ce qu’il y a d’humain dans l’humain et les ormes. Elle pose la question de l’être: qui est Denise, qui suis-je, lorsque tout – projets, espérances, raisons, famille, bonheur, langage – s’évapore? À ce point précis de la perte, on frôle la dignité, le noyau du ciel. On respire par les yeux.”

Derek Palacio, The Mortifications (Tim Duggan Books, 2016): The story of a Cuban family where the mother leaves for the US with the children and the father stays behind and is part of a group of rebels living in the mountains. All members of the family evolve very differently. The daughter’s spiritual search takes her back to Cuba. Her brother goes looking for her. These quests enables them to reconcile themselves with their origins and with the father they barely knew.

Mary Costello, Academy Street (Farrar, Strauss  & Giroux, 2014): The life story of a Irish nurse, starting with her childhood and youth in Ireland, and young adulthood and challenges as an immigrant and single mother in New York. The character development is reminiscient of Colm Toibin. Many shades of sadness and loneliness.

Annie Ernaux, Les années (Gallimard, 2008): I loved this book. A panorama of life in France from post-war to present, through a series of photographs (described, not shown). For me, it brings back memories of many French novels set in the large period, but especially the two decades after WWII, as well as images accumulated over many trips to France.

Ian McEwan, On Chesil Beach (Vintage 2007): Very sad novel of a marriage that was not meant to be… A young couple’s romance falls apart on their wedding night when the woman reacts badly to her husband’s approaches. A tragedy bred in times where nobody talked about sexuality.

Frédéric Lenoir, Du bonheur: un voyage philosophique (Fayard, 2013): What I would call “pop-philosophy”. Interesting survey of what philosophers have said about the concept of happiness. Offers good references to get deeper into this subject. For most recent publications, references are French authors.

Louise Dupré, La main hantée (Éditions du Noroît, 2016): In this collection of poems in free verse and prose, the haunted hand of the poet explores pain, loss and a variety of private hells. Very touching verses about euthanizing a cherished cat.

Delphine de Vigan, Rien ne s’oppose à la nuit (JC Lattès, 2011):  I highly recommend reading this book before D’après une histoire vraie, which does refer to it frequently. Story of a life with a bipolar mother, the good and the bad moments… I wonder what it is called a novel, when it looks like memoirs. If it is factual and their no invention and act of imagination, it is not fiction… Or is everything fiction when told by one person, even if well researched, given the possible flaws due to faulty memory and fanciful interpretation?

Osip Mandelstam, Voronezh Notebooks (New York Review Books, 2016): I heard this name in connection with Anna Akhmatova, in a gathering of intellectuals who seemed to know who he was and I didn’t… and therefore felt ignorant and uncultured. What for? Maybe I know things they don’t… I read parts of the poems out loud to the dog, either in my backyard with the dog sitting in my lap and no doubt dozing off, or at the dog park, resting in the shade after a game of fetch.  I am not sure any poetry can be translated perfectly and carry the qualities that make it good and/or interesting. A poet of the early Soviet period, Mandelstam is sent into internal exile, where his wife is permitted to join him. He composes poetry in his head and dictates poems to his wife when he considers them complete. Given that he was not officially published, there is no definitive edition of the Notebooks and available copies show variations in contents and sequencing. The translator of this edition has written a substantial introduction to set the context for the poems. That really helped me get a better appreciation for them.

Sjón, Moonstone (Sceptre Books, 2016): I really don’t know what to say about this book… I did not like it and having not read any others by this Icelandic author, I had trouble appreciating that this was a price-winning piece of fiction (but then again inspired by real life). The blurb says the following:

The year is 1918 and in Iceland the erupting volcano Katla can be seen colouring the sky night and day from the streets of Reykjavík. Yet life in the small capital carries on as usual, despite the natural disaster, a shortage of coal and, in the outside world, the Great War grinding on.

There, sixteen-year-old Máni Steinn lives for the new fashion – the cinema. Asleep, he dreams altered versions of the films, threaded with strands from his own life. Awake, he hovers on the fringes of society. Then the Spanish flu comes ashore, killing hundreds and driving thousands into their sick beds. The shadows of existence deepen and for Máni everything changes.

Capturing Iceland at a moment of profound transformation, Moonstone tells the story of a misfit in a place where life and death, reality and imagination, secrets and revelations jostle for dominance. As mesmerising as it is heartfelt, this miniature historical epic is the work of a major international writer.

The mystery remains complete for me.

Dominic Marcil and Hector Ruiz, Lire la rue, marcher le poème (Éditions du Noroît, 2016): A short essai about teaching the writing of poetry to young adults in urban environments, taking advantage of this environment to explore the nature of poetic language. Very inspiring!

There we go! Done with the Pile! And let’s get back on track with future blog posts. I have a number of books in progress as usual, doing some hours of reading in between drawings and household activities. So lots of hours of reading during this holiday period, not quite on the couch picture below because that was in the lobby of the hotel on my last trip to Cuba, but something else comfortable at home.

cuba-couch

Continuing Love Affair With Literature From Cold Countries: Sweden, Norway, Denmark, Finland and Iceland

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In 2012, I planned a trip to Stockholm. I had been reading Swedish police procedural and noir for some time and I had a lifelong fascination with Scandinavia, thanks to the Puck novels by “Lisbeth Werner”, a pseudonym for two Danish writers (who wrote novels for girls”).

In order to prepare for the trip, I came up with a reading list (see here). That was quite a lot of fun and very educational. I have continued reading a variety of authors from the region, expanding beyond Sweden.

The current to-be-read pile is quite impressive at this point, and I am hoping to get through some of it in 2017 (while most likely growing the pile in the meantime!).

Here we are in random order:

Aki Ollikainen. La faim blanche. (Finland)

Jonas Karlsson. La pièce. (Sweden)

Audur Ava Ólafsdóttir. L’embellie. (Iceland)

Carl-Johan Vallgren. Les aventures fantastique d’Hercule Barfuss. (Sweden).

Tarjei Vesaas. The Boat in the Evening. (Norway)

Tom Malmquist. À tout moment la vie. (Sweden)

Agneta Pleijel. Fungi. (Sweden)

Guđrún Eva Mínervudóttir. Album. (Iceland)

Tomas Espedal. Marcher (ou l’art de mener une vie déréglée et poétique). (Sweden)

Sara Lövestam. En route vers toi. (Sweden)

Audur Jónsdóttir. Tourner la page. (Iceland)

Eiríkur Örn Norđdahl. Illska. (Iceland)

Kim Leine. Les prophètes du fjord de l’Éternité. (Denmark)

Alexander Söderberg. The Andalucian Friend. (Sweden)

Lars Gustafsson. Bernard Foy’s Third Castling. (Sweden)

Kerstin Thorvall. Le sacrifice d’Hilma. (Sweden)

Anna Jörgensdotter. Discordance. (Sweden)

Per Olov Enquist. Le départ des musiciens. (Sweden)

Per Olov Enquist. Le second. (Sweden)

Per Olov Enquist. L’ange déchu. (Sweden)

Per Olov Enquist. La bibliothèque du capitaine Nemo. (Sweden)

Göran Tunström. La parole du désert. (Sweden)

Göran Tunström. L’oratorio de Noël. (Sweden)

Göran Tunström. Le voleur de bible. (Sweden)

Göran Tunström. De planète en planète. (Sweden)

Jón Kalman Stefánsson. Entre ciel et terre. (Iceland)

Jón Kalman Stefánsson. La tristesse des anges. (Iceland)

Jón Kalman Stefánsson. Le coeur de l’homme. (Iceland)

Jan Guillou. Les ingénieurs du bout du monde. (Sweden)

Kristina Ohlsson. The Disappeared. (Sweden)

Anne B. Ragde. La tour d’arsenic. (Norway)

Insane, you are thinking? Nothing like a list to make that quite obvious, I say. And the authors are still mostly from Sweden, which somewhat surprises me… It was hard to tell without making the list. That is 31 books, some of which are sizable tomes and/or challenging reads.

Please do let me know if you have any other suggestions for the future. I doubt the obsession will ever abate.