Jérôme Minière, L’enfance de l’art

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Un drôle de roman où la réalité rencontre ou se confond avec l’art. La quatrième de couverture qualifie ce livre de roman gigogne ou de roman à tiroirs et dans la mesure où le personnage principale passe une partie du livre à livre des textes écrits par quelqu’un d’autre (qui tient à ce qu’il se les approprie en tant qu’auteur, mais ça c’est une autre histoire), ces qualificatifs tiennent. Par contre, le jeu qu’en fait l’auteur fait définitivement penser à un alligator qui bouffe sa propre queue…

Le personnage principale se nomme Benoit Jacquemin et se décrit comme quelqu’un de très moyen, absolument pas remarquable. Un jour il rencontre un drôle de bonhomme qui l’invite à visiter un édifice de son quartier apparemment à l’abandon, dont l’intérieur s’avère un environnement de travail plutôt confortable, mi-repaire de célibataire solitaire, mi-bibliothèque. Une véranda abrite plantes et oiseaux et la lumière y entre à profusion alors que les autres pièces n’ont pas de fenêtre.

On lui propose de lire des textes rédigés en principe par Réjean Ducharme, auteur bien connu qui vit dans l’anonymat et qu’on compare parfois à Salinger et Pynchon (pour leur aversion à la vie publique).

Il y a six de ces récits insérés dans la trame principale, supposément livrés par microfilm par un pigeon. Leur lecture absorbe notre brave Benoit qui y rencontre une variété de personne dont les initiales sont JB ou BJ (on fait le parallèle avec la vie de notre protagoniste, ou la revire à l’envers?).

L’action du livre se déroule en majorité aux alentours de la Plaza St-Hubert, un endroit où peut trouver des choses insolites et des personnages colorés. Jérôme Minière s’inspire aussi de l’endroit par sa capacité d’offrir un abri à des légions de pigeons. Par contre, dans la réalité, des efforts ont été faits pour limiter l’attraction de la Plaza pour ces rats ailés.

Cette entrée dans une espèce de vie parallèle bouleverse passablement le quotidien de Benoit, dont la relation avec son compagnon Antoine en est affectée. Comment expliquer l’étrangeté de la situation lorsque Benoit peine lui-même à croire ce qui lui arrive? Et lorsqu’il prend le temps de lui expliquer et tente de lui montrer les endroits où se sont passées ses aventures, il les trouve changés et inaccessibles, comme s’il avait rêvé à tout ça…

Référence

Minière, Jérôme. L’enfance de l’art. Éditions XYZ/Quai no5, Montréal, 2014.

Autre choses

http://maplaza.ca/fr/

http://revue.leslibraires.ca/entrevues/litterature-quebecoise/jerome-miniere-l-enfant-createur

http://impactcampus.qc.ca/arts-et-culture/critique-litteraire-lenfance-lart/

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