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Maxime Olivier Moutier, Marie-Hélène au mois de mars

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Maxime Olivier Moutier, Marie-Hélène au mois de mars

Ce roman d’amour est déconcertant. Ou peut-être le fait qu’il s’annonce comme un roman d’amour l’est. Quelle image avons-nous habituellement du roman d’amour? Le roman à l’eau de rose, le roman sentimental visant un public essentiellement féminin, le roman Harlequin? La définition de linternaute.com nous dit “roman dans lequel l’amour est au centre de l’intrigue”. On sort un peu du stéréotype sentimental. Mais je ne peux m’empêcher de penser que l’étiquette de “roman d’amour” pour ce livre est plutôt ironique.

Je dirais que le centre de l’intrigue est la maladie mentale du protagoniste/narrateur. L’apparition de cette maladie aurait pu être précipitée par les difficultés de la vie amoureuse du narrateur ou les difficultés qui apparaissent dans la vie amoureuse du narrateur sont peut-être dues à une faille ou une faiblesse psychique préexistante. Une brève mais intense relation entre Marie-Hélène et le narrateur se solde par une tentative de suicide de ce dernier, qui cause son internement dans un hôpital psychiatrique. On ne parle nulle part de diagnostique ou de traitement et on ne voit que le point de vue du narrateur, quelques fois en un flux d’idées et d’images sans suite.

La notion de “roman” est aussi mise en cause. Le livre commence par une note de l’auteur:

Près des deux tiers de ce récit furent écrits alors que j’étais interné à l’hôpital Saint-Vincent-de-Paul de Sherbrooke. C’était en 1995. J’avais vingt-trois ans. À cette époque, la mort était partout. J’ai écrit ces pages en état d’urgence, sans compromis, comme  pour dire une dernière chose avant de mourir, définitivement. Le jour où elles seraient lues, j’aurais disparu. Comme un mot d’adieu.

Il dit plus loin:

Sur du papier, je n’aurai fait que mettre les mots qui me venaient; les mots d’une histoire qui a fait ma vie. Sans me soucier de relater les intentions réelles des personnes dont je parle. Je ne m’excuse donc pas: c’est de la fiction. C’est de l’écriture.

Alors, on peut penser que l’histoire que nous raconte le narrateur est basée sur des événements de la vie de l’auteur, comme il les a perçus, très subjectivement, sans recherche sur la “réalité objective” de la situation, ce qui en fait donc de la fiction. Donc, roman d’amour!

Référence:

Moutier, Maxime Olivier. Marie-Hélène au mois de mars. Marchand de feuilles, 2016. [Triptyque, 1998]

Autres choses:

https://voir.ca/livres/1998/12/10/marie-helene-au-mois-de-mars-le-maitre-des-desillusions/

http://www.ledevoir.com/culture/livres/478059/l-impudeur-d-un-livre-culte

https://www.erudit.org/fr/revues/lq/1999-n96-lq1187431/37480ac.pdf

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