Delphine de Vigan, Les loyautés

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Ce roman est sombre, très sombre. Les livres de Delphine de Vigan ne sont généralement pas rigolos, mais celui-là m’a laissé un malaise plus que les autres. Tous les personnages cherchent un sens à leur vie, pas toujours de façon très constructive. Ce qui dérange le plus, c’est le personnage de Théo, un jeune d’une douzaine qui cherche à noyer la douleur qui l’habite, à faire cesser le son des acouphènes qui remplissent son cerveau, et qui désespère de ne pouvoir aider son père qui sombre dans la dépression.

Au début du livre, son professeur le décrit de cette façon:

J’ai pensé que le gamin était maltraité, j’y ai pensé très vite, peut-être pas les premiers jours mais pas longtemps après la rentrée, c’était quelque chose dans sa façon de se tenir, de se soustraire au regard, je connais ça, je connais ça par coeur, une manière de se fondre dans le décor, de se laisser traverser par la lumière. Sauf qu’avec moi, ça ne marche pas. Les coups je les ai reçus quand j’étais gosse et les marques je les ai cachées jusqu’au bout, alors à moi, on ne me la fait pas.

Alors on voit tout de suite au début que nous avons affaire à des personnages souffrants. Ce passage laisse sous entendre qu’une relation particulière se développera entre ce professeur et Théo car elle pressent sa douleur et un besoin d’aide qu’il n’ose pas exprimer.

Les chapitres se succèdent et présentent différents points de vue: le professeur, Théo, son ami Mathis, et leurs mères.  Chacun personnage cache ses blessures, les garçons apprennent que les adultes se font des façades, qu’ils doivent s’en faire une aussi. Tout le monde est seul au monde au milieu de la foule, de l’école, de sa famille.

Théo expérimente avec l’alcool jusqu’au coma éthylique. Un soir où tout risque de vraiment mal tourner, Mathis sait où aller chercher de l’aide… Quoique le roman s’arrête là, on peut s’imaginer que la loyauté de Mathis envers Théo, et celle du professeur envers ses élèves en difficulté permettra de franchir les gouffres qui les séparent les uns des autres.

Référence:

De Vigan, Delphine. Les loyautés. JC Lattès, 2018.

Autres choses:

https://www.ledevoir.com/lire/521636/les-loyautes-ou-la-constellation-de-la-douleur-sourde

https://www.franceinter.fr/livres/les-loyautes-de-delphine-de-vigan-qu-en-ont-pense-les-critiques-du-masque-et-la-plume

http://vendangeslitteraires.overblog.com/2018/03/delphine-de-vigan-les-loyautes-dangereuses.html

 

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