Mona Høvring, Nous sommes restées à fixer l’horizon

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En quatrième de couverture:

Nous sommes restées à fixer l’horizon est le premier roman de Mona Høvring traduit en français. Ouvrière travaillant dans une fonderie, Olivia vit entre une mère fantasque et pseudo-bourgeoise qui l’étouffe et un petit ami qui vient de la flanquer à la porte. Elle apprend que sa tante Ågot, décédée brusquement lors d’un voyage en Norvège, vient de lui céder sa maison à Reykjavík. Aux obsèques, Olivia fait par hasard la connaissance de Bé – les deux jeunes femmes tombent aussitôt sous le charme l’une de l’autre. Une nouveauté pour Olivia qui n’a jamais été amoureuse d’une femme. Elles décident alors de partir ensemble en Islande, dans cette maison gardée par Halldóra, une “amie” de la tante Ågot.

Avec son écriture lumineuse, amusée, sensuelle et poétique, Mona Høvring dessine un portrait de femme résolue à s’affranchir des obligations sociales et familiales pour suivre sa rébellion intérieure et vivre pleinement la vie qu’elle entend enfin mener. C’est le parcours d’une insoumise qui chemine vers son devenir.

Première phrase: “Ma tante a été enterrée un lundi.”

Dernière phrase: “J’ai soudain été démangée par l’envie de me battre avec elle.”

Ce roman est publié aux Éditions Noir sur Blanc dans la collection Notabilia, dont j’aime tant le design graphique. Incidemment, la firme qui fait le design est montréalaise (http://fr.paprika.com/projects/notabilia-romans/).

À 18 ans, Olivia fait une demande d’inscription à la faculté d’architecture de l’université de Trondheim et elle y est acceptée. C’était sans compter sur la nature manipulatrice de sa mère qui lui fait tout un cinéma sur ces origines modestes avec une faim permanente ainsi que sur la maladie dont elle est atteinte et qui ne lui laisse qu’un an à vivre. Elle ne veut pas perdre Olivia, qui renonce à son projet. Le niveau d’énergie de sa mère démentant le pronostic funeste, Olivia se doute bien qu’elle a été manipulée. Mais elle travaille désormais dans une aluminerie et poursuit sa vie. Nous la rencontrons alors que son petit ami la met à la porte et qu’elle emménage temporairement chez un collègue de travail. Au même moment, une tante domiciliée en Islande meurt lors d’un voyage en Norvège.

Lors des funérailles, par hasard, dans les toilettes publiques de l’hôtel où les proches se réunissent, Olivia rencontre une femme par laquelle elle est attirée. Le reste du roman est une quête de sens, entre les choix qui se présentent à Olivia: aller en Islande où elle possède maintenant une maison, explorer son attirance pour une femme, réfléchir sur son futur. Sans scènes de sexe explicites et sans mélodrame, Olivia trouve sa place avec l’aide bienveillante de l’ancienne compagne de sa tante.

En dépit des lubies et difficultés du personnage principal, l’auteur nous la fait aimer en présentant ses réflexions et réactions de façon tout à fait candide. Par conséquent, Olivia, qui aurait pu être tout à fait caricaturale, se trouve à être nuancée. Par contre, les portraits des autres personnages sont beaucoup moins développés et cet aspect m’a laissé sur ma faim.

J’ai trouvé ce livre en faisant ce que je fais habituellement quand j’entre dans une librairie: j’écume les tablettes de la section “Littérature étrangère” pour ramasser les livres d’auteurs scandinaves. Quand j’en vois un, je le prends parce que c’est rare que je vais voir le même livre deux fois.

Élément cocasse: La narratrice commente que les faire-part de décès qui sont publiés avec une photo sont selon elle intrigants, sinistres et répugnants. Ces publications sont souvent faite de cette façon, souvent avec des photos de jeunesse. Ces coutumes diffèrent par culture.

Référence:

Høvring, Mona. Nous sommes restées à fixer l’horizon. Éditions Noir sur Blanc, Paris, 2016. [Publication originale en norvégien en 2012]

Autres choses:

http://litterature-romande.net/nous-sommes-restees-fixer-horizon-mona-hovring/

http://next.liberation.fr/livres/2016/03/18/mona-hvring-vertiges-de-l-amour_1440557

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