Pierre Nepveu, La dureté des matières et de l’eau

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Ce recueil de poésie est divisé en quatre sections: Méditations au bord du fleuve, Petits voyages d’hiver, Stations Lachine, et Dénouements. Il est composé surtout de poèmes en prose de moins d’une page. Chacun raconte une courte histoire, un moment, une sensation. On trouve aussi quelques photos d’oeuvres d’art en plein air prises dans les parcs de l’ouest de l’île de Montréal, des oeuvres qui ont inspiré l’auteur.

Dans la “ville froide” où habite le poète, “les poèmes arrivent à bride abattue, les phrases sont des galops de folie, une écume d’étreinte.

Le froid et son influence remplissent cette oeuvre, jusqu’à la brûlure, ainsi qu’une agitation qui va de l’étourdissement au grand vent. On y trouve aussi l’hiver en analogie de la vieillesse, où l’amour sert de refuge à la froidure. Froidure, dureté des matières et de l’eau gelée, auxquelles il est difficile d’échapper et qui nous fait douter que la vie puisse renaître au printemps.

Suis-je présent pourtant ou moi-même fantôme, me cognant le front contre les vitres pour m’assurer que j’existe, et lançant à tous vents des rafales de phrases, avec le plaisir de les voir retomber, parfois, dans le jardin du sens où elles calment mon délire.

Mais le froid, la solitude et l’aliénation ne prennent pas toute la place dans ce recueil.

L’angoisse elle-même n’a plus de son, la détresse a perdu la voix. Et dans cette étrange accalmie, la parole semble toute jeune, encore malhabile en son alphabet, cassée dans ses lettres et ses chevilles, avec soudain des immensités inhabitées, où ne se sont pas risqués les verbes, où marcher, avancer et courir pâlissent à l’approche de la vie.

L’auteur Pierre Nepveu est un homme chaleureux avec un air de jeunesse malgré qu’il soit un professeur à la retraite de 69 ans. Lorsqu’il m’a dédicacé une copie de ce recueil au Salon du livre de Montréal, nous nous sommes remémoré en rigolant un souper-poésie du Festival international de poésie de Trois-Rivières où il y a avait un très petit public (lui et moi!) et où tellement de bruit provenait de l’étage inférieur du restaurant que nous étions carrément allés nous asseoir à la table de poètes pour les entendre.

Référence:

Nepveu, Pierre. La dureté des matières et de l’eau. Éditions du Noroît, Montréal, 2015.

Autres choses:

http://www.litterature.org/recherche/ecrivains/nepveu-pierre-346/

http://lesmeconnus.net/la-durete-des-matieres-et-de-leau-de-pierre-nepveu-une-traversee-dans-lincertain/

http://www.ledevoir.com/culture/livres/448095/poesie-la-ou-tremblent-la-terre-et-les-eaux

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