Milan Kundera, La fête de l’insignifiance

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Dans L’art du roman, Kundera dit que le romancier est un “explorateur de l’existence”. Chez Kundera, cette exploration ne passe pas par l’exploration du monologue intérieur des personnages. Il ne s’agit donc pas de romans psychologiques, mais si on tente de comprendre des situations particulières de l’existence de ces personnages. Kundera dit ceci: “Mais ce ne sont pas seulement les situations particulières qui sont interrogées, le roman tout entier n’est qu’une longue interrogation. L’interrogation méditative (méditation interrogative) est la base sur laquelle tous mes romans sont construits.”

Chez Kundera, on s’attarde souvent à des détails de l’existence… des détails insignifiants?

Mais que veut vraiment dire “insignifiant”? Voici ce que nous offre larousse.fr:

  • Qui n’a rien de marquant, qui est sans intérêt : Parler de choses insignifiantes.
  • Qui manque de personnalité, de qualités : Un acteur insignifiant.
  • Qui est sans importance, sans valeur : Un détail insignifiant.

Parlons-nous donc alors de caractéristiques des personnages qui sont sans intérêt? Ou d’histoires qu’on nous raconte qui ont peu de valeur?

Kundera nage souvent dans l’absurdité et nous décrit des situations qui relèvent plus souvent du mauvais rêve que de l’aventure stimulante. Dans La fête de l’insignifiance, les histoires suivantes s’entrecroisent (et non, cette liste n’est pas exhaustive):

  • D’Ardelo, un retraité, sort de chez son médecin d’où il vient de recevoir des résultats d’analyses: tout va bien. Il rencontre un ancien collègue de travail, Ramon, et lui révèle souffrir d’un cancer. Par ailleurs, il lui demande s’il connait des gens qu’il pourrait engager pour servir un cocktail chez lui parce qu’il organise une fête.
  • Ramon fait part de la demande à deux amis, Claude et Caliban, qui serviront en effet au cocktail chez D’Ardelo, mais en prétendant parler pakistanais alors qu’ils ne parlent qu’un charabia incompréhensible.
  • Charles, un ami de Ramon, Claude et Caliban, leur raconte des histoires que l’on attribue à Staline, entre autre que la ville de Kalingrad a été nommé d’après un certain Kalinine, associé de Staline dont le problème de prostate lui donnait une envie fréquente de pisser et lui causait assez d’embarras.
  • Il y a aussi des conversations la fonction et la nature du nombril et sur le fait qu’Ève ne devrait pas en avoir.

Finalement, on conclut que l’insignifiance est “l’essence de l’existence” et qu’elle mène au bonheur. Comme corollaire: on est moins malheureux si on ne tente pas de se donner de l’importance?

La fête de l’insignifiance est un jeu d’esprit intriguant.

Références

Kundera, Milan. La fête de l’insignifiance. Gallimard, 2014.

Kundera, Milan. L’art du roman. Folio, 1986.

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