Jean-Marie Blas de Roblès, L’île du Point Némo

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Quelle aventure que ce roman rocambolesque, où les époques sont télescopées, où l’on saute de la fabrique de liseuses numériques au système de surveillance sophistiqué au train Transsibérien où voyage le sexagénaire John Shylock Holmes, aux grands voiliers et au voyage en dirigeable au lendemain de l’accident du Hindenburg. La présentation le qualifie de “roman-tsunami” qui “emporte toutes les constructions réalistes habituelles et ouvre d’extraordinaires horizons de fiction.” Il faut vraiment suspendre toutesattentesde vraisemblance durant cette lecture!

En fait, je ne suis pas vraiment d’avoir suivi toutes les trames qui s’entrecroisent, je crois m’être perdue quelque peu… Pourquoi l’histoire du pigeon voyageur qui ne revient pas? Oui bon, on le retrouve mort dans le filet du bateau qui cherche le point Némo dans le Pacifique sud, alors qu’il devait se rendre d’un point à l’autre en France. Mais pourquoi? J’en suis mystifiée.

Le grand objectif des aventures des personnages principaux: retrouver un diamant volé. Des papiers retrouvés dans le coffre fort où se trouvait le fameux diamant leur indique, une fois décodé, ce qui ne fut pas une mince affaire, un point de l’océan Pacifique.

Mais il y a aussi l’homme d’affaires qui veut lancer une nouvelle liseuse numérique. L’histoire de la fabrique de cigares. Une histoire de meurtrier en série appelé l’enjambeur Nô.

La confusion commence au tout premier chapitre. On commence à nous raconter une histoire de bataille antique impliquant l’armée d’Alexandre Le Grand. En fait, il s’agit d’un personnage appelé Canterel qui joue aux soldats de plomb en fumant de l’opium. Il se fait déranger par son adjointe Miss Sherrington qui lui annonce l’arrivée de son ami John Shylock Holmes accompagné de son majordome Grimod. Alors qui est John Shylock Holmes? Canterel l’appelle tout bonnement “Shylock”.

Bien qu’il portât le nom de l’illustre détective, John Shylock Holmes n’avait hérité de cette lignée qu’un humour douteux et un sens aigu de l’expertise. Ancien conservateur de la bibliothèque Bodléienne, à Oxford, il travaillait chez Christie’s, au service des restitutions; talents et carnet d’adresses qui lui valaient parfois de prêter son concours à la Lloyd’s pour négocier certaines affaires délicates. Doué d’une mémoire prodigieuse, c’était un homme d’une soixantaine d’années que ni son excès d’embonpoint ni sa dévotion pour les vieux malts n’empêchaient de courir le monde à la recherche d’un objet rare. Habitude qui expliquait sans l’excuser sa propension à porter des costumes qu’il eût fallu jeter depuis longtemps. Un front dégarni, une couronne de boucles noires, trop charbonneuses à dire vrai pour n’être pas dues à la teinture, des favoris grisonnants qui lui descendaient jusqu’au menton, de fines lunettes rondes à verres fumés pincées au bout du nez, et un soupçon de couperose sur les pommettes lui donnaient, il faut en convenir, une allure tant soit peu grotesque.

Pauvre homme… mais quand même il a un bon rôle dans le livre et survit jusqu’à la fin sans trop de ridicule.

Comme ma capacité de concentration est plutôt réduite ces jours-ci, je me suis laissée entraîner sur une tangente au cours de la transcription de la description de Holmes… il a bien fallu que j’aille voir ce qu’était la bibliothèque Bodléienne d’Oxford et en parcourant le site de cette illustre université, je suis tombée (à nouveau, puisque je l’avais déjà vu) sur le site de l’école d’été d’Oxford, ce qui ma fait rêver sur les possibilités d’y passer quelques semaines pour étudier la littérature anglaise… Ça a bien fait rigoler mon mari, qui dit qu’on a pas tous les mêmes rêves de “vacances”! Pour lui c’est un voyage de Prague à Istanbul.

Pour en revenir au livre, les aventuriers se retrouvent éventuellement sur un navire en route vers le point Némo, le point de l’océan Pacifique le plus éloigné de toutes terres, le “pôle maritime d’inaccessiblité”, à la recherche de la source du “Big Bloop”, un drôle de son que des scientifiques avaient détecté. Il avait rencontré le capitaine du navire en Australie suite au naufrage du Zeppelin qui les amenaient de Chine. Le capitaine a été extrêmement étonné de les trouver en possession des coordonnées du point Némo, cet endroit même où il devait se rendre. Ils se rendent à ce point avec succès et tout y est révélé, incluant l’origine du Big Bloop et le sort du diamant volé.

Et la description du sous-marin Nautilus est une espèce de croisement entre la version de Jules Verne et les idées les plus tordues de Robin Cook (anastamose en homme, bête, machine, système de contrôle) … Et Vingt Milles lieues sous les mers n’est pas le seul livre de Jules Verne auquel on fait référence; on retrouve aussi le Cyrus Smith de L’île mystérieuse, sur une île qui n’en est pas une…

Références:

Blas de Roblès, Jean-Marie. L’île du Point Némo. Zulma, 2014.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Bloop

http://fr.wikipedia.org/wiki/Point_Nemo

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