Ketil Bjørnstad, La Société des jeunes pianistes

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Ce roman ramène quelques souvenirs de mes études en musique quoique je n’aie jamais joué au niveau de ces jeunes pianistes qui sont à la veille de se lancer, de donner leur premier concert public. Les heures interminables de pratique, la technique, l’interprétation qui se veut originale et non une imitation d’un autre interprète, le choix si important du bon professeur, le snobisme du choix des pièces, de la marque de piano qu’on possède, la tenue de concert…

Situé à Oslo vers la fin des années 1960, ce roman initiatique raconte le passage hors de l’enfance et vers un futur incertain d’un groupe de jeunes pianistes de la capitale norvégienne.

Le personnage principal est Aksel, 17 ans, pianiste qui a abandonné l’école pour se consacrer au piano. Lui et sa sœur aînée Cathrine vivent avec leurs parents, qui ont tous les deux une carrière décevante, et des problèmes d’argent et de consommation d’alcool. La mère meurt par noyade lors d’un picnic familial et il est difficile de penser que ça n’était pas intentionnel.

Les amis d’Aksel, tous pianistes, se rencontrent pour écouter de la musique, pour en jouer et pour discuter de l’évolution de chacun d’entre eux. Chaque membre du groupe est obsédé par le moment où il ou elle devra « se lancer », rite de passage on ne peut plus classique, souvent cruel par les déceptions qu’il provoque, mais aussi transformateur pour certains.

Aksel est par ailleurs obsédé par Anja la mystérieuse, qui habite dans la même partie de la ville que lui. Il la connaît de vue et ignore qu’elle est également pianiste. Il découvre éventuellement qu’elle l’est, et qui plus est, qu’elle est une virtuose en puissance. Il s’installe alors entre eux une amitié ambigüe doublée d’une rivalité. Aksel aimerait se rapprocher d’elle, mais elle est constamment protégé par sa famille et vit comme dans une bulle. On nous laisse entendre que la relation qu’elle entretient avec son père serait malsaine.

L’autre relation troublante dans la vie d’Anja est celle avec son professeur de piano, la sulfureuse Selma, grande virtuose allemande qui a mis sa carrière en veilleuse pour épouser un étrange professeur de philosophie norvégien. Il court également des rumeurs sur la préférence de Selma pour les très jeunes hommes. Aksel deviendra aussi éventuellement un de ses protégés.

Au final, Anja connaîtra une fin tragique dont Aksel ne pourra la sauver, car elle ne peut se remettre de ne pas avoir été parfaite lors de son premier concert.

L’épilogue m’a certainement laissé sur ma faim… Aksel s’engage sur une pente glissante qui ne peut être que le début d’une autre histoire, une initiation à d’autres aspects de la vie. À la fin, plus de points d’interrogation que de réponses…

 

Référence

Bjørnstad, Ketil. La Société des  jeunes pianistes. JC Lattès, 2006. (originalement publié en norvégien en 2004)

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2 responses »

    • Hi!
      The title in English is “To Music”. You might have a bit of a hard time to get your hands on a copy though. The publishing house that put out the English translation seems to have disappeared and it does not look like Amazon has it in stock. Good luck!

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