Hélène Dorion et Pierre Nepveu à la Libraire Paulines

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Le 29 novembre dernier, j’ai assisté à un entretien entre Pierre Nepveu et Hélène Dorion à la Librairie Paulines sur la rue Masson à Montréal. Ce que vous trouverez plus bas provient des notes prises ce soir-là et de moins en moins lisibles au fur et à mesure que le temps passe (et non, pas à cause d’une quelconque détérioration physique de l’objet qui a servi à prendre les notes).

À partir des questions de Pierre Nepveu, Hélène Dorion a abordé les thèmes suivants (pas nécessairement dans cet ordre et souvent en lien avec un livre spécifique que je n’ai pas noté) :

  • Pourquoi écrire? L’écriture pour apprendre à vivre, pour comprendre la vie, la complexité de l’être. C’est une démarche de recherche existentielle. La vie est une mise en mouvement et écrire met en mouvement le langage. La langue est vivante, elle n’est pas une structure figée, elle arrive à déplacer cette structure, à la faire bouger.
  • Qu’est qu’on veut atteindre? La transformation est le dénominateur commun, HD veut toujours être dans cette quête vers le sentiment d’union. Il n’y a pas de sentiment d’impuissance, tout est possible. Il ya un dialogue avec la vie. Elle s’accroche à ce mouvement plutôt que s’y opposer mais dans ce mouvement, la liberté est totale et permet la création. Elle dit « je dans avec quelque chose plutôt que de lutter contre ».
  • Pierre Nepveu remarque que le livre Le hublot des heures est singulier dans l’œuvre d’Hélène Dorion : elle utilise le vol en avion comme métaphore de l’écriture poétique. Quand on parle de voyage, on parle vraiment de voyage intérieur. Le reste est un prétexte. Elle présente un monde d’écrans, de faux, d’inauthentique; absurdité de l’errance; parle de l’aéroport comme un non-lieu, qui n’est pas marqué par une culture quelconque.
  • Par rapport à la question de dénonciation : La poésie est plus une entreprise de questionnement que de révolte ou dénonciation. Ce qui est dangereux, c’est l’indifférence, l’inconscience, l’ignorance. Écrire permet d’augmenter l’acuité de la conscience.
  • La notion de faille, de cassure figure pour beaucoup dans l’œuvre de HD. Elle fait le lien avec le célèbre vers de Leonard Cohen « there is a crack in everything ». La notion d’effritement, de ruine, présence de la faille, de la fissure, n’est pas négative mais est quelque chose de créateur. Il faut qu’il y ait une imperfection dans la matière pour qu’il y ait quelque chose de neuf. Cette faille est un récepteur de sens.
  • Certains de ses écrits parlent de rupture amoureuse, de perte de soi où la faille permet la transformation.
  • L’écriture n’est pas la transcription de l’expérience mais crée une autre expérience, c’est transformateur, porteur, créateur.

Suite à l’entretien, elle a lu une partie d’un poème de son nouveau livre, Cœurs, comme livre d’amour, mais pas complètement et pas comme écrit. Lorsqu’un des auditeurs lui demande pourquoi, elle dit que le poème est un partenaire de danse et que la lecture est une recomposition. Un poème est toujours inachevé, l’œuvre d’art arrête quelque chose mais pas son mouvement. Le texte a une autonomie, sa vie propre (c’est pourquoi il a besoin de lecteurs). Le texte peut encore lui apprendre ce qu’elle ignore.

 Références

 Dorion, Hélène, Cœurs, comme livres d’amour, Éditions de l’Hexagone, 2012.

Dorion, Hélène, Le hublot des heures, Éditions de la différence, 2008.

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