Retrouver un sens à la vie : Un hiver à Stockholm d’Agneta Pleijel

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Une femme quitte un homme et documente son cheminement durant les 100 jours suivants sa décision… Des réflexions percutantes sur les relations homme/femme, l’influence des relations des parents sur le développement de la capacité d’aimer de leurs enfants, la difficulté de rester soi-même face aux attentes des autres, le besoin de trouver un sens à la vie en dépit des difficultés et de la solitude profonde qui l’habite. Agneta Pleijel crée une série de vignettes dans un effet chatoyant qui s’est infiltré dans mon imaginaire et mes réflexions toute la semaine.

Ainsi que l’indique le titre du livre, les 100 jours se passent en hiver durant la période où les jours sont le plus courts en Suède. Comme plusieurs autres auteurs suédois, elle n’est pas tendre dans sa description de la ville de Stockholm. C’est un grand contraste avec les souvenirs ensoleillés que j’en ai. Elle dit :

Stockholm en novembre est indescriptible, un voilier de mort qui entre dans l’hiver.

Par contre, cela reflète aussi l’état d’esprit du personnage principal, qui se trouve à un point tournant de sa vie. Après avoir longtemps enduré une relation avec un homme qui ne l’apprécie pas et l’a trahi, elle le laisse et tente de trouver un sens à sa vie. Cette quête de sens passe par un « lâcher prise » radical.

Une chose importante, écrivait Cioran. Apprendre à être un perdant. Dès lors qu’on se sait perdant, la vie devient plus facile. On n’est plus obligé de donner le change.

Une rencontre au hasard d’un voyage d’affaire lui permet de renouer avec la découverte de l’autre :

Puis ils furent devant la porte qu’elle devait franchir sans retour, lui les mains dans les poches de sa veste en jean, elle sa carte d’embarquement à l a main. Ils ne se touchèrent pas. Ils ne s’embrassèrent pas. Il la dévisagea, son regard était nu. Ils se séparèrent, chacun partit de son côté.

Mais cette nouvelle relation n’est pas sans difficultés. La transition de la « vérité » au « malaise » est traduite par une description de la qualité du regard, qui passe de « nu » à « froid » :

Pendant ces trente secondes, elle eut le temps de baisser la tête, de la relever brusquement, de remarquer le reflet tremblant de la lampe dans la porte vitrée du balcon et de regarder l’homme dans le fauteuil jaune droit dans les yeux. Ses yeux étaient froids.

La quête de sens en est aussi une d’authenticité dans les relations.

Elle était jalouse de l’image des femmes qu’ont les hommes. Certains hommes. Elle voulait être autre chose qu’un simulacre.

Elle veut être appréciée pour elle-même et non seulement pour l’image que les hommes se font d’elle. La difficulté d’entrer en relation avec les autres que décrit le récit se reflète dans un langage dépouillé et des phrases courtes qui freinent le mouvement. Finalement, elle atteint un état de paix intérieur tout en étant consciente que ça ne durera pas toujours.  Le récit se termine avec une longue parenthèse qui décrit une dernière rencontre avec l’homme étranger.

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