Gioconda Belli – El pergamino de la seducción

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Gioconda Belli – El pergamino de la seducción

Première phrase du livre: Manuel dijo que me narraría la vida de Juana de Castilla y su locura de amor por su marido Felipe el Hermoso, si yo aceptaba ciertas condiciones. (p. 5)

La première phrase introduit donc dès le départ trois des personnages principaux du roman. La narratrice est Lucía, une jeune orpheline de 17 ans qui vit depuis l’âge de 13 ans dans un couvent en plein Madrid, à deux pas de la gare d’Atocha et du jardin botanique. Elle a été placée dans ce couvent par ses grands-parents suite au décès de ses parents dans un tragique accident d’avion. Manuel est un professeur d’histoire d’une quarantaine d’année qui rencontre Lucía par hasard (je crois qu’ils se sont rencontrés au musée El Prado qu’elle aime bien fréquenter). Manuel commence à lui parler de Jeanne de Castille (ou Jeanne La Folle), un personnage historique que le fascine. Au fil des conversations, Manuel lui parle d’elle et la convainc de venir chez lui, de revêtir un costume de style renaissance et de s’imprégner de l’histoire de Jeanne La Folle qu’il lui raconte par étape. Il veut se servir des perceptions et de l’intuition de Lucía pour mieux comprendre  la vie de Jeanne La Folle d’un point de vue subjective et non historico-objectif.

Le tout se passe dans les années 60 et on comprend bien que la société espagnole d’alors est très, très conservatrice et qu’on s’attend à un comportement irréprochable de la part d’une jeune couventine comme Lucía.

On peut se demander que fait un professeur célibataire de 40 ans avec une jeune fille de cette âge, surtout avec les scènes d’habillage répétées, bien évidemment précédées de scènes de déshabillage que l’auteure nous décrit. Lucía en vient assez rapidement aux rêveries amoureuses au sujet de Manuel…

Il y a donc plusieurs lignes narratives: (1) l’histoire de la relation entre Lucía et Manuel, (2) l’histoire de Jeanne La Folle, de sa relation avec son marie et les intrigues politiques auxquels ils sont mêlés, et (3) l’histoire des parents de Lucia, de son père qui trompe sa mère et dont le décès survient au moment d’une tentative de réconciliation.

Sans vouloir tout révéler du dénouement, Lucía tombe évidemment enceinte, ce qui mène à une une stratégie un peu échevelée pour la soustraire au risque d’un scandale au couvent et l’obsession de Manuel pour Jeanne la Folle l’amène à une découverte surprenante sur son passé, avec des conséquences tragiques tout-à-fait imprévues. Donc, plusieurs surprises vers la fin.

On croit retrouver certains thèmes déjà vu chez Gioconda Belli : un intérêt pour les origines historiques, la relation de la femme à son corps, les sources du pouvoir de la femme … Ça donne le goût de relire La mujer habitada.

 

Références :

Belli, Gioconda, El pergamino de la seducción, Seix Barral, 2005. Primera edición en libro electrónico: 2010.

Belli, Gioconda, La mujer habitada, Txalaparta, 1988.

 

À voir: http://www.museodelprado.es/coleccion/galeria-on-line/galeria-on-line/obra/dona-juana-la-loca/

http://www.giocondabelli.org/

 

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